Revue de presse
(Le Figaro, 7 mars 19).
[Les articles de la revue de presse sont sélectionnés à titre informatif et ne reflètent pas nécessairement la position du Comité Laïcité République.]
Olivier Grenouilleau, Nos petites patries, Gallimard, fév. 2019, 288 p., 22 e.
« […] Épris de rigueur et fuyant les polémiques, Grenouilleau fait un sort au dualisme paresseux de ceux qui ont divisé une fois pour toutes la France en deux sensibilités antagonistes: les «jacobins», épris de centralisme autoritaire, et les «Girondins», d’autonomie. N’en déplaise à Michel Onfray, l’histoire n’obéit pas à des schémas aussi binaires. Grenouilleau montre que le mépris à l’endroit de la province «attardée» ou «ringarde» a précédé la Révolution, qui, rappelle-t-il, a commencé en province. Ce snobisme social était déjà, depuis longtemps, le fait de la Cour à Versailles. Quant au centralisme, il n’est évidemment pas une création du jacobinisme mais de la monarchie, notamment depuis Louis XIV. […]
Des jacobins aussi convaincus que Clemenceau n’étaient pas opposés de façon dogmatique à l’idée fédéraliste. Ce qu’ils craignaient, c’était le pouvoir de l’Église sur les provinces, le fameux «pouvoir clérical». De son côté, l’Église catholique sera sensible à la thématique du déracinement et se méfiera d’une modernité éradicatrice. Avait-elle tort, quand on lit ce qu’écrivait Engels, le fameux compère de Marx, en 1840: «Écossais, Basques, Bretons, ces débris d’une nation écrasée sans pitié par la marche de l’histoire, ces déchets des peuples restent jusqu’à leur complète extermination ou dénationalisation, les suppôts fanatiques de la contre-révolution.» […] »
Lire "Les provinces se rebiffent".
Lire aussi « Paris et les régions : pourquoi tant de haine ? » (Le Point, 14 fév. 19) (note du CLR).


