Revue de presse
(Le Figaro, 17 nov. 23). Nora Bussigny, journaliste, auteur de "Les Nouveaux Inquisiteurs" (Albin Michel).
(Le Figaro, 17 nov. 23). « La question a été soulevée lors de ma formation au service d’ordre afin de savoir comment les trier: avec les privilégiés? Avec les «racisés»? Avec les «Blancs»? »
[Les éléments de la Revue de presse sont sélectionnés à titre informatif et ne reflètent pas nécessairement la position du Comité Laïcité République.]
Nora Bussigny, Les Nouveaux Inquisiteurs, Albin Michel, 13 septembre 2023, 240 p., 19,90 €.
Lire "«Les juifs, privilégiés ou racisés?»: l’étrange dilemme des intersectionnels".*
« […] Le militantisme requiert un engagement, mais lorsque celui-ci devient manichéen et que ceux-ci sont intimement persuadés d’agir «pour le plus grand bien», ils perdent toute raison. C’est très facilement observable, j’ai tenté de le décrire notamment à la pride radicale: il y a un morcellement visible dans les luttes mues par une quête vaine de la «pureté» militante.
Par exemple, dans le cortège réservé aux «racisés», pour lequel je devais veiller à trier les Blancs en les sommant de partir, un tri intra-racisé était opéré pour séparer les personnes noires des maghrébines, question pour laquelle pleuvaient les «contre-ordres». Même chose pour le cortège réservé initialement aux personnes transgenres, qui s’est finalement retrouvé à accueillir des personnes «cisgenres», au grand dam de certains organisateurs. Quant aux juifs, la question a été soulevée lors de ma formation au service d’ordre afin de savoir comment les trier: avec les privilégiés? Avec les «racisés»? Avec les «Blancs»? […]
Les questions LGBTQIA+ peinent également à toujours être reconnues comme elles le souhaitent. Grâce à de très nombreux contacts militants universalistes, j’ai pu constater que dans ce milieu militant extrémiste, l’homme gay blanc, surnommé «White Gay», est le nouvel ennemi à abattre. Jugés trop «privilégiés», renvoyés à leur «blanchité» ou encore à leur aspect cisgenre, les gays blancs sont exclus de nombreux événements en «non-mixité», comme ce fut le cas lors des cortèges de tête de la pride radicale. […]
Si la majorité des militants et de leurs influenceurs ont préféré opter pour un total soutien aux Palestiniens, et parfois même à la «résistance» (sans nommer le Hamas), beaucoup de militantes féministes embarrassées par les contradictions que l’on pouvait leur reprocher se sont contentées de silences embarrassés ou de publications généralistes du type «luttons contre l’injonction à devoir prendre position sur tous les sujets». […] »
Voir aussi dans la Revue de presse « Infiltrée pendant un an chez les woke » (Le Point, 7 sept. 23) dans le dossier "Wokisme" (note de la rédaction CLR).

