Revue de presse
Riss, directeur de "Charlie Hebdo".
(Riss, Charlie Hebdo, 25 mai 22). « On attend la décision qui autorisera les hommes à nager avec un burkini, car on ne voit pas pourquoi l’hygiène et le physique des hommes nécessiteraient moins d’être protégés que ceux des femmes. »
[Les éléments de la revue de presse sont sélectionnés à titre informatif et ne reflètent pas nécessairement la position du Comité Laïcité République.]
« L’adoption par le conseil municipal de Grenoble de l’autorisation du port du burkini dans les piscines de la ville est à la fois un micro-événement et une fracture profonde.
On ne peut s’empêcher de penser aux trois collégiennes de Creil qui, dans les années 1980, voulaient entrer voilées dans leur établissement scolaire. Une péripétie à la fois locale et en même temps annonciatrice de bouleversements. Le collège de Creil était déjà une piscine dans laquelle l’islam avait tenté de plonger un signe ostentatoire. Hier, le voile dans un collège ; aujourd’hui, le burkini dans une piscine.
Le point commun entre ces deux affaires est si évident qu’on finirait par l’oublier : « la femme ». Les religions ont toujours instrumentalisé les femmes, soit pour les assigner à des tâches limitées, comme la reproduction, soit pour les pétrifier en les statufiant, comme la Sainte Vierge et autres madones.
Pour imposer à la société ses pratiques les plus rétrogrades, la religion musulmane se sert des femmes comme d’un bouclier. Comment combattre le voile à l’école sans avoir l’impression désagréable de s’en prendre à des adolescentes bien inoffensives ? Comment lutter contre le burkini sans passer pour un salaud qui empêche d’honnêtes femmes de se baigner ? Comment critiquer le voile sans être accusé de brimer les mères de famille musulmanes qui voudraient accompagner les enfants pendant les sorties scolaires ?
Cette stratégie est d’autant plus efficace dans une démocratie, qui a le devoir de lutter contre les inégalités subies par les femmes : celui qui osera condamner le burkini ou le voile sera aussitôt accusé d’être un fumier qui veut empêcher les femmes qui les portent de vivre comme elles le souhaitent. Bien joué ! La religion envoie les femmes au casse-pipe, en première ligne, comme des fantassins, pour ouvrir la voie à d’autres revendications : interdits alimentaires dans les cantines, fêtes religieuses, blasphème, etc. En mettant les femmes en avant, personne n’osera s’en prendre à elles, et par voie de conséquence, personne n’osera condamner la signification religieuse de leur démarche. […] »
Lire "Les femmes, chair à canon de toutes les religions".
Voir aussi les communiqués du CLR À Grenoble, le deuil de l’émancipation des femmes (CLR, 17 mai 22), Burqini : l’acharnement islamiste contre les femmes (CLR, 4 mai 22), dans la Revue de presse le dossier Burqini à Grenoble dans la rubrique Burqini dans 607. Voile & vêtements, les rubriques Baignade en public, Grenoble (note du CLR).


