Revue de presse
« La France a signé, mardi 28 janvier, un accord de partenariat avec l’établissement géré désormais par les Qatariens. Dès le début, le pays hôte a interféré dans les contenus des programmes.
Que se passe-t-il au lycée Voltaire du Qatar ?
Le lycée Voltaire du Qatar a, depuis sa création, une histoire mouvementée. Inauguré le 15 janvier 2008 par Nicolas Sarkozy, aux côtés du prince héritier, Tamim bin Hamad Al Thani, il a été confié à la Mission laïque française, créée en 1902, qui a pour ambition de diffuser à travers le monde la langue et la culture françaises, en particulier par un enseignement à caractère laïque et interculturel. C’était alors une école franco qatarienne, avec cours d’arabe, d’anglais et de religion islamique, en option […].
En octobre 2010, le proviseur, Jean-Pierre Brosse, a été convoqué par ce dernier, qui a mis en cause les pages d’un livre d’histoire, consacrées à la chrétienté, en contradiction avec le fait qu’au Qatar un enfant ne doit pas apprendre avant l’âge de 18 ans l’existence d’autres religions que l’islam. Ces difficultés n’étaient pas nouvelles : dès le lancement, les Qatariens ont contesté le contenu de certains livres d’histoire et de sciences naturelles. Le proviseur a alors démissionné et a été remplacé par Franck Choinard.
Mais de nouveaux problèmes ont surgi. […]
La Mission laïque a donc quitté le Qatar, fin 2012. « C’est la première fois que nous sommes évincés d’un pays depuis Nasser », confiait alors son président, l’ancien ambassadeur Yves Aubin de La Messuzière, pour qui « le procureur qatarien se sert de ce prétexte pour masquer des divergences de fond et s’offrir un enseignement français à sa guise ». Et Franck Choinard a dû à son tour quitter le pays. Les autorités ont brandi contre lui des accusations de pédophilie. En fait, il s’était opposé au licenciement de deux enseignants, qu’il jugeait abusif.
Est-ce une victoire pour le Qatar ?
Sans aucun doute. C’est lui qui assure désormais la gestion du lycée, sous la tutelle de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) quant à l’homologation des enseignements et la formation du personnel. Selon ses nouveaux statuts, c’est un « établissement privé où la religion musulmane est enseignée aux enfants qatariens, conformément à la législation locale ».
Le porte-parole de la diplomatie française, Romain Nadal, a cependant précisé, mardi 28 janvier, que les cours de religion « sont dispensés en dehors du programme scolaire officiel français, dans le temps périscolaire, comme cela se fait dans de nombreux pays », une pratique « parfaitement conforme à nos principes de laïcité ».
Certains s’interrogent cependant après les déclarations du procureur général, qui a rappelé qu’il existait « trois questions importantes pour les Qatariens et les Arabes : l’enseignement de la charia islamique, de la langue arabe et de la séparation entre garçons et filles à partir d’un certain âge ». Pour l’heure, l’établissement est encore mixte, mais jusqu’à quand ? »
Lire "Le lycée français de Doha passe sous la tutelle du Qatar".

