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Guy Konopnicki : “La France des diverses cités” (Marianne, 28 juin 08)

Extrait. “Aujourd’hui dans ces mêmes quartiers où les jeunes juifs, vivant souvent dans des taudis, se préparaient à des études supérieures, on isole les enfants, de la crèche au lycée. On les enferme dans des écoles confessionnelles. Et cette désintégration a été conçue, financée par la Ville de Paris et par l’État. […] Il y a des bandes, des affrontements. Tout le monde s’indigne, mais, quand on construit des ghettos, on prépare les pogroms.”

Tony Judt : “Trop de Shoah tue la Shoah” (Le Monde diplomatique, juin 08)

«Si Hitler, Auschwitz et le génocide des Juifs incarnent un mal unique, pourquoi nous met-on en garde constamment contre le fait que ces crimes pourraient se reproduire n’importe où, ou qu’ils sont sur le point de se reproduire ? Chaque fois que des graffitis antisémites souillent les murs d’une synagogue en France, on nous avertit […]

Daniel Lefeuvre : “Les langues régionales sont-elles vraiment menacées ?” (Le Figaro, 27 juin 08)

« Cette charte, au nom de la protection des langues, est porteuse d’une véritable contre-révolution : elle tend, ni plus ni moins, à réduire les citoyens, jusque-là individus libres et égaux, en éléments de groupes ethniques au sein d’une Europe des régions. Ce qui est en jeu, c’est donc, au-delà de l’alibi culturel évoqué, le maintien ou la disparition, à terme, de l’État-nation, incarnation de notre identité nationale. »

A.-G. Slama : “La langue, l’Etat et la loi” (Le Figaro Magazine, 27 juin 08)

“S’il est vrai que l’Etat a donné son unité à la nation, la langue s’est imposée à l’Etat, plus que l’Etat à la langue. […] Loin de pâtir de cette oeuvre d’éducation, menée par des instituteurs laïques, les langues régionales y ont puisé un second souffle. […] Que ces langues fassent partie du patrimoine de la nation, comme le formule l’amendement parlementaire, c’est l’évidence. Mais elles n’ont pas fait la France, et si elles tendent à décliner, c’est moins par la volonté de l’Etat que sous le choc de la modernité.”

“Louise Arbour : « Les démocrates tolèrent une érosion » des droits de l’homme (Le Monde, 28 juin 08)

Louise Arbour, haut-commissaire aux droits de l’homme : “La principale difficulté vient aujourd’hui d’un autre facteur : l’essor des religions, la force des voix religieuses. On entend dire : « Ce sont peut-être des droits universels, mais ils sont séculaires, ils entrent en conflit avec des traditions religieuses, il faut donc les ajuster. » ” “Louise Arbour […]