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« Les amis des arts, de la poésie et du totalitarisme » (G. Biard, Charlie Hebdo, 5 av. 17)

Revue de presse

Gérard Biard, rédacteur en chef de "Charlie Hebdo".

(G. Biard, « Charlie Hebdo », 5 av. 17). Ceux qui ont déprogrammé la lecture-spectacle du livre de Charb cèdent à un « racket totalitaire » ; de peur de violences et de représailles ; en esthète outragé ; ou parce qu’ils ont fait le choix de collaborer ouvertement avec les racketteurs, dans l’espoir d’en retirer une protection ou un profit politique ; voire par proximité politique.

« […] Tous ces acteurs « responsables » de la société française récusent naturellement le vilain mot de censure. […] Ne jetons pas de l’huile-sur-le-feu et utilisons donc d’autres mots. Disons qu’ils cèdent à un racket totalitaire, dont le prix politique, social et humain est chaque jour plus élevé. Ils y cèdent soit en toute franchise, de peur de violences et de représailles, comme le président de Lille 2, soit en fripant du nez et en se drapant dans une dignité d’esthète outragé, soit, plus simplement, parce qu’ils ont fait le choix de collaborer ouvertement avec les racketteurs, dans l’espoir d’en retirer une protection ou un profit politique. L’éventualité d’une proximité politique n’est pas non plus à écarter : l’islamisme radical est aussi poreux que l’esprit de ceux qui y adhèrent ou s’en accommodent.

Résumons. Avant, pour être artistico-poético-antiracisto compatible et s’estimer à l’abri de tout « débordement », il ne fallait pas dessiner Mahomet ni même publier un dessin l’évoquant. Puis on s’est aperçu qu’il ne fallait pas non plus en parler. Ni boire un verre en terrasse, ni entrer dans un stade, ni aller voir un concert, ni célébrer la messe, ni, si l’on est dans un pays musulman, aller à la mosquée – en tout cas, il faut choisir avec précaution la bonne -, ni prendre l’avion, le métro ou le train, ni aller au musée, ni regarder un feu d’artifice, ni bronzer, ni acheter des maisons en pain d’épice, ni traverser le pont de Westminster… Ni bien sûr, mais ça, c’est la routine, s’approcher d’un juif. Aujourd’hui, on nous dit qu’il faut arrêter de penser. Que la laïcité, pourtant inscrite dans la Constitution, l’universalisme, l’égalité sont des idées dangereuses ou qui sentent sous les aisselles. Et demain ? On attend la réponse. Poétique et artistique, de préférence. »


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