Revue de presse
(nouvelobs.com , 21 sept. 16) « Aujourd’hui, on peut très bien réussir dans la vie sans maîtriser l’orthographe. »
Carole Barjon, Mais qui sont les assassins de l’école ? Robert Laffont (Mauvais esprit), 222 pages, 18 e.
« […] Septembre 2003. Assise avec d’autres parents d’élèves, dans une salle de classe du collège Pierre-de-Ronsard à Paris, j’assiste à la réunion de rentrée de la classe de sixième que mon fils vient d’intégrer. (…) Une dame interroge le professeur principal et professeur de lettres : « Allez-vous faire des dictées ? » Interloquée, je ne comprends pas sa question. Le professeur, en revanche, n’a pas l’air étonné par la demande : « Vous savez, madame, aujourd’hui, on [qui est ce ‘on’ ?] estime que les dictées ne sont pas forcément la meilleure manière d’évaluer le niveau d’orthographe des élèves. Il y a beaucoup d’autres moyens. » Ah… ? « Du reste, continue-t-elle, l’orthographe n’est pas le critère essentiel pour établir le niveau d’un élève en français. » C’est sans doute vrai, mais il me semble que cela y participe pourtant. Je suis intriguée par ce « on » dont elle vient de parler et qui semble désigner quelque autorité occulte. Et assez étonnée par le peu d’importance qu’elle paraît accorder à l’orthographe…
Un jeune père, en jean et baskets, manifestement aussi incrédule que moi, insiste : « Euh, excusez-moi, mais je croyais que les élèves étaient supposés maîtriser l’orthographe et la grammaire à la fin du primaire ? D’après vous, quand est-ce que ce sera le cas ? » Puis, il ajoute en riant : « Puis-je espérer qu’en classe de seconde, ma fille m’enverra des cartes postales qui ne seront pas truffées de fautes ? » Réponse de l’enseignante, qui sourit elle aussi : « Vous savez, aujourd’hui on considère que l’apprentissage de la langue française se fait tout au long du secondaire jusqu’à la terminale. » Silence dans la salle. Elle poursuit : « Et puis, monsieur, aujourd’hui, on peut très bien réussir dans la vie sans maîtriser l’orthographe. Moi-même, j’ai un neveu qui réussit très bien dans l’informatique et qui fait encore beaucoup de fautes. » Sa conclusion vaut d’être citée : « Du reste, aujourd’hui, il y a des ordinateurs qui corrigent l’orthographe »… Je suis sidérée. […] »
Lire "Les assassins de l'école habitent la rue de Grenelle".

