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« La dérive identitaire de Houria Bouteldja » (Libération, 25 mai 16)

Revue de presse

(Libération, 25 mai 16). « L’essayiste ne fait rien d’autre que de prendre des groupes humains comme des ensembles fixes, inamovibles, homogènes et cohérents. »

[Les éléments de la revue de presse sont sélectionnés à titre informatif et ne reflètent pas nécessairement la position du Comité Laïcité République.]

« Sur la question légitime du legs colonial, la figure de proue du Mouvement des indigènes de la République signe un brulôt déterministe : Blancs, juifs et arabo-musulmans sont présentés de façon si caricaturale que la thèse du livre s’en trouve invalidée, éclipsant de justes indignations.

[…] L’essayiste ne fait rien d’autre que de prendre des groupes humains comme des ensembles fixes, inamovibles, homogènes et cohérents. Ainsi, d’un extrait de textes de Perec sur sa difficulté à se sentir juif, tire-t-elle un ensemble de théories sur l’identité juive comme si l’écrivain était le leader moral d’un peuple, comme s’il y avait de fait un représentant de toutes les diasporas. C’est cette manière de fantasmer les appartenances culturelles qui amène Houria Bouteldja à transformer son essai en un brûlot odieux.

Ainsi, quand elle écrit : «On ne reconnaît pas un juif parce qu’il se déclare juif mais à sa soif de vouloir se fondre dans la blanchité», sous-entendant qu’il aurait pactisé avec son oppresseur. Ailleurs, elle fait preuve d’une ignorance historique crasse : «L’antisémitisme est européen. Il est un produit de la modernité.» Alors, quid des pogroms du Moyen Age ? Un peu plus tôt, elle interpelle «les Blancs» et leur bonne conscience humaniste : «N’avez-vous pas mille fois sacrifié Céline, Barbie et tant d’autres sur les bûchers de la place publique ?» Klaus Barbie «sacrifié» ? Vraiment ? Par un procès d’assises en bonne et due forme, des décennies après les faits.

Tout l’ouvrage manque cruellement d’un rapport au réel. Aussi sur la question de l’homosexualité. […]

Ainsi, reprend-elle le pire du catéchisme postcolonial en surdéterminant les existences par l’origine géographique. […] »

Lire "La dérive identitaire de Houria Bouteldja".


Lire aussi la note de lecture H. Bouteldja : Le complexe de persécution par Khaled Slougui (note du CLR).

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