Revue de presse
« Je préfère parler de prohibition plutôt que d’abolitionnisme, car c’est l’objectif des auteurs de la proposition de loi. Ils font référence à l’abolition de l’esclavage ! La vente d’un individu n’est pas comparable à la prostitution, qui est une mise à disposition de son corps à des fins sexuelles, que l’on peut accepter ou refuser dès lors que l’on n’est pas prisonnière d’un réseau. »
« Elisabeth Badinter, 69 ans, est philosophe. Elle a souvent pris des positions à contre-courant sur les grands sujets de débats parmi les féministes: opposée à la loi sur la parité en 2000, elle est favorable à la grossesse pour autrui sous certaines conditions. Dans son dernier ouvrage, Le Conflit: la femme et la mère (Flammarion, 2010), elle dénonçait le retour du naturalisme et de la culpabilisation des mères.
Qu’avez-vous pensé de l’appel des « 343 salauds », qui s’opposent à la pénalisation des clients de prostituées au nom du respect de la liberté?
C’était une intervention nécessaire, car je suis frappée du silence des hommes dans ce débat. Deux catégories d’individus ne s’expriment pas: les hommes, prochaines cibles de la loi, et les prostituées. La forme était contestable. Mais je n’ai pas de critiques sur le fond.
Pourquoi êtes-vous défavorable à la pénalisation des clients de prostituées?
La pénalisation, c’est la prohibition. Je préfère parler de prohibition plutôt que d’abolitionnisme, car c’est l’objectif des auteurs de la proposition de loi. Ils font référence à l’abolition de l’esclavage ! La vente d’un individu n’est pas comparable à la prostitution, qui est une mise à disposition de son corps à des fins sexuelles, que l’on peut accepter ou refuser dès lors que l’on n’est pas prisonnière d’un réseau. […] »
Lire "L’Etat n’a pas à légiférer sur l’activité sexuelle des individus".

