Revue de presse
« L’ordre des avocats de Lyon a annoncé mardi la saisine du conseil de discipline à l’encontre d’un avocat ayant demandé la récusation d’un juge au motif que son nom est juif, un recours aux relents antisémites qui a suscité la colère du monde judiciaire.
« Je saisis le conseil de discipline dans la semaine. Nous sommes complètement outrés par de tels propos », a dit à l’AFP le bâtonnier de Lyon Philippe Meysonnier, réagissant à cette affaire révélée mardi par le journal Libération.
Sous le titre « le père de la prévenue s’appelle Moïse et le juge Lévy: inconciliable pour l’avocat », Libération publie en effet le fac-similé de la requête en récusation du juge Lévy, rédigée par un avocat lyonnais […].
Le juge manquerait d’impartialité dans un dossier où le père de la prévenue s’appelle Moïse. »Le +papa+ de la personne (…) se prénomme Moïse », et « la première page de la notice du mot +Moïse+ sur le site Wikipédia mentionne que ce mot +est selon la tradition, le fondateur de la religion juive+ » […].
Or, « la première page de la notice du mot +Levy+ sur Wikipédia mentionne que ce mot +est, dans le peuple juif, un des noms portés par les descendants des lévites+ », ajoute l’avocat, concluant que « la matérialité de ces constatations n’est pas contestable ». […]
Avec une telle conception, « un juge pourrait être mis en cause pour son homosexualité dans le cadre de procédures de garde d’enfant », a donné en exemple le président du Syndicat de la magistrature, classé à gauche.
Alain Jakubowicz, avocat du juge Lévy et par ailleurs président de la Licra, s’est lui aussi insurgé contre ce risque de dérive, avec des justiciables ne voulant « pas être jugés par un juge homosexuel ou noir » ou d’une appartenance religieuse supposée. Comme dans cette affaire où « tout part du patronyme d’Albert Lévy ». »
Lire "Un avocat de Lyon demande la récusation d'un magistrat au nom juif, colère du monde judiciaire".

