Revue de presse
(Libération, 20 fév. 20). «Si on estime que c’est bon pour nous, qu’on peut se mobiliser pour un candidat, on le dit et la communauté nous écoute, explique Nano. Question de confiance.»
[Les articles de la revue de presse sont sélectionnés à titre informatif et ne reflètent pas nécessairement la position du Comité Laïcité République.]
« […] Nano a organisé une réunion avec environ 200 gitans de Montpellier pour les briefer, autrement dit pour les inciter à voter Vignal. «Si on estime que c’est bon pour nous, qu’on peut se mobiliser pour un candidat, on le dit et la communauté nous écoute, explique Nano. Question de confiance.» C’est ainsi que pendant trente-cinq ans, les Gitans de Montpellier, unis derrière «l’Indien», le père de Yaka, ont soutenu l’ancien maire, feu Georges Frêche. Voteront-ils de nouveau comme un seul homme ? Nano l’espère ; il évalue cette réserve électorale à 7 000 voix.
A Montpellier comme ailleurs dans le Grand Sud, les «référents» occupent une place centrale dans le choix du vote des gitans. Populaires et respectés dans leur quartier, actifs pour leur communauté, ils sont volontiers consultés et écoutés en période d’élections. «Chez nous, la consigne de vote existe toujours», résume Yaka. Mais ces référents s’imposent aussi comme de précieux interlocuteurs pour les «pailloux», les non-Gitans.
Plusieurs référents de l’Hérault et des Pyrénées-Orientales nous ont confié avoir été approchés par des candidats dans leur ville afin de relayer la bonne parole politique au sein de leur communauté. «Ils nous disent qu’élus, ils pourront embaucher à la mairie un fils ou un cousin, ou bien aider nos associations ou notre quartier, qu’ils s’arrangeront pour trouver un logement social à tel ou tel…» témoigne Tony (1), lui-même démarché par plusieurs politiques à Perpignan. «Quand on est référent et qu’on demande quelque chose, on nous l’accorde.» Mais il y a une contrepartie, explique-t-il : recruter des bénévoles dans la communauté pour tracter dans le quartier, convaincre de «bien» voter… Patricia, qui se dit ex-référente de Jean-Marc Pujol, maire LR de Perpignan (candidat à sa succession), raconte : «On faisait de grandes réunions pour lui dans notre quartier. Et Pujol a fait un bon score ici. Il était bien content.»
Egalement établi à Perpignan, Jeannot, un musicien investi auprès des jeunes de la communauté gitane, raconte qu’il a lui aussi été contacté par plusieurs candidats, ou par leurs bras droits pour réaliser une «petite intervention» : «Ils voulaient que je fasse un spectacle à leur permanence. Accepter, ça signifie qu’on les soutient. Des gens dont je n’ai pas eu de nouvelles pendant cinq ans se remettent à m’appeler ou à venir à mes concerts. Et on me promet des boulots stables pour les jeunes dont je m’occupe…» […] »
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