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	<title>Notes de lecture &#8211; Comité Laïcité République</title>
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	<title>Notes de lecture &#8211; Comité Laïcité République</title>
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	<item>
		<title>Luigi Pirandello &#8211; Une leçon de théâtre (S. Mayol)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Comité Laïcité République]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Jul 2026 22:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Notes de lecture]]></category>
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					<description><![CDATA[Luigi Pirandello, Six personnages en quête d&#8217;auteur, éd. Gallimard, Folio, 2007, 208 p., 8,60 e. Luigi Pirandello avec sa pièce la plus célèbre, Six personnages en quête d&#8217;auteur, ne nous invite pas AU théâtre mais DANS le théâtre. Il nous fait nous pencher sur le processus de création théâtrale, tant sur le plan de l&#8217;écriture [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="chapeau surlignable clearfix">
<p><strong>Luigi Pirandello, <i>Six personnages en quête d&#8217;auteur</i>, éd. <a href="https://www.gallimard.fr/catalogue/six-personnages-en-quete-d-auteur/9782070337705" class="spip_out" rel="external">Gallimard, Folio</a>, 2007, 208 p., 8,60 e.</strong></p>
</div>
<div class="texte surlignable clearfix">
<figure class='spip_document_10807 spip_documents spip_documents_right media media_image media_image_jpg doublon_xls' style='float:right;'><img decoding="async" src="https://laicite-republique.org/wp-content/uploads/2026/10/spip-document-10807.jpg" height='289' width='174' alt='JPEG - 10.8 kio' /></figure>
<p>Luigi Pirandello avec sa pièce la plus célèbre, <i>Six personnages en quête d&#8217;auteur</i>, ne nous invite pas AU théâtre mais DANS le théâtre. Il nous fait nous pencher sur le processus de création théâtrale, tant sur le plan de l&#8217;écriture que sur la mise en scène.</p>
<p>Le sujet, pourtant fort, disparaît complètement derrière cette réflexion sur le théâtre en tant que spectacle et tirant sa moelle du drame quotidien des gens. Cette réflexion devenant, pour le coup, le véritable sujet de la pièce.</p>
<p>Il y a en fait beaucoup de questions, clairement posées ou latentes, dans cette œuvre. Les personnages de fictions sont-ils moins réels que les personnages réels qui jouent la fiction&nbsp;? Est-ce l&#8217;auteur qui écrit la pièce ou n&#8217;est-il que le transcripteur de ce que les personnages ont à dire lorsqu&#8217;on les laisse interagir entre eux&nbsp;? Les drames humains qui nourrissent le théâtre et la création fictive en général peuvent-ils et doivent-ils devenir de simples divertissements, de simples activités &#171;&nbsp;comme une autre&nbsp;&#187; pour tous ceux qui en vivent&nbsp;? Où se situe la limite entre la scène et la vie&nbsp;? La vie n&#8217;est-elle pas un théâtre au même titre, à plus juste titre même, que le théâtre&nbsp;?</p>
<p>L&#8217;œuvre est donc la confrontation entre les personnages qui sont la réalité de la fiction, et les acteurs, réels mais incarnant des personnages fictifs.</p>
<p>J’ai pris beaucoup de plaisir à lire cette pièce.</p>
<p><i> Samuel Mayol<br class='autobr' /><br />
</i></p>
<p>[Les échos « Culture » sont publiés à titre informatif et ne reflètent pas nécessairement la position du Comité Laïcité République.]</p>
</div>
<p><!-- spip-documents-joints --></p>
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<div class="spip-documents-joints">
<h2>Documents joints</h2>
<ul class="spip-documents-list">
<li class="spip-document-item"><a class="spip-document-link" href="https://laicite-republique.org/wp-content/uploads/2026/10/spip-document-10807.jpg">spip-document-10807</a></li>
</ul>
</div>
<p><!-- /spip-documents-joints --></p>
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			</item>
		<item>
		<title>D. Rondeau &#8211; La littérature au-dessus de tout (Th. Martin)</title>
		<link>https://laicite-republique.org/d-rondeau-la-litterature-au-dessus-de-tout-th-martin/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 May 2026 04:56:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Notes de lecture]]></category>
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					<description><![CDATA[Note de lecture par Thierry Martin (Th. Martin) A propos de Le Système de l&#8217;argent, de Daniel Rondeau (Grasset). Expérience immersive dans l’utopie des globalistes face à l’âme française Daniel Rondeau, Le Système de l’argent, éd. Grasset, mars 26, 460 p., 24 e. Expérience immersive dans l’utopie des globalistes face à l’âme française Si la [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="spip-surtitre"><strong>Note de lecture</strong></p>
<p class="spip-soustitre"><strong>par Thierry Martin</strong></p>
<div class="spip-descriptif">
<p>(Th. Martin) A propos de <i>Le Système de l&rsquo;argent</i>, de Daniel Rondeau (Grasset). <strong>Expérience immersive dans l’utopie des globalistes face à l’âme française</strong></p>
</div>
<div class="spip-chapo">
<p><strong>Daniel Rondeau, <em>Le Système de l’argent</em>, éd. <a href="https://www.grasset.fr/livre/le-systeme-de-largent-9782246829874/">Grasset</a>, mars 26, 460 p., 24 e.</strong></p>
<p><strong>Expérience immersive dans l’utopie des globalistes face à l’âme française</strong></p>
</div>
<p>Si la supériorité de la littérature sur la sociologie était encore à démontrer, <em>Le Système de l’argent</em>, affreux titre d’essai d’économie politique, en serait le parfait exemple. C’est, en fait, un roman fleuve qui nous emporte en charriant les alluvions de la géographie et les diluvions de l’Histoire ; foisonnant, précis, efficace, il est fidèle à sa source, nos idéaux de jeunesse – reste fidèle aux rêves de ta jeunesse –, en allant vers la mer.</p>
<p>Il y a quelque chose des <em>anywhere</em> et des <em>somewhere</em> de David Goodhart, mais ils sont incarnés par des personnages ambivalents, des lieux, des moments.</p>
<p>Chris Smith, le chef, le seul univoque parce que furtif, est partout, ne se pose jamais, ne fait que passer. Ne salue personne, lance des instructions pendant des petits déjeuners de travail où il reste debout. Briefing. Vif, insaisissable, ascétique. « Ceux qui auront soif iront se chercher de l’eau, plate ou gazeuse, dans le coin cuisine, et les affamés pourront toujours attendre pour aller s’acheter des croissants », note le narrateur, Luc Desange, son bras droit, septuagénaire désabusé mais efficace.</p>
<p>Chris, jeune financier de la tech sans dieu ni maître, sans frontière, sans autre patrie que celle du profit – de toute façon le monde court à l’apocalypse. L’un de ses projets : privatiser un segment du rivage français sur la Méditerranée, le mont Tomis, pour y bâtir une oasis luxueuse et sécurisée, réservée aux ultra-riches.</p>
<p>Mais il y a des gens sur cette terre qui fut déjà prisée du temps des Romains. Sœur Lucie est de ceux-là. Un anachorète qui vit sans être vu de ce petit peuple éparpillé sur les flancs du mont. Comme des santons de la crèche, Rondeau sait les incarner.</p>
<p>Chaque nuit, elle jette le manteau de sa prière sur ceux qui l’entourent et souvent l’ignorent. Elle est invisible comme tous ceux qui vivent dans ces villages. Tous résistent à leur manière. À la fin du roman, Sœur Lucie leur dit : « Nous sommes tous des ouvriers avec Dieu. »</p>
<p>On y voyage. Lisbonne, Davos, Paris, Moscou, Beyrouth, Bruxelles, Malte. On prend des jets ou alors le ferry. D’un chapitre à l’autre, et même d’un de ces multiples sous-chapitres séparé du suivant par un astérisque.</p>
<p>On passe du présent au passé. Dîner à l’Élysée. Macron, le président de la « startup nation », reçoit Chris parmi ses nombreux invités. Le préfet de police assis à la gauche de Luc Desanges est parfaitement au courant de son passé, ancien mao, de la Gauche prolétarienne, militant ouvrier passé de la rue d’Ulm à la verrerie de Portieux dans les Vosges. Au bout de deux ans, il rejoindra le Portugal, où plus précisément la révolution des Œillets.</p>
<p>Diplomate un temps, l’auteur, lui-même ancien de la GP, a reçu le prix de littérature Paul-Morand pour l’ensemble de son œuvre en 1998, doté de 45 000€. Les maos se sont bien reconvertis en général.</p>
<p>Luc vit, un temps, de la « récupération », du vol – en fait –, par camion entier, de livres anciens dans les villas portugaises désertées par des propriétaires apeurés par la révolution, qu’il revend en France une fortune. Le boss de Sylvie Grandemange, directrice de la BNP Saint-Germain où toutes les puissances tutélaires du quartier avaient un coffre, cherche une édition rare des <em>Essais</em> de Montaigne, pour l’offrir à François Mitterrand. « Première édition originale complète, éditée par Marie de Gournay, « fille spirituelle » de l’auteur, en 1580 ». Mitterrand devenu son client, il l’accompagnera lors de ses promenades. L’occasion pour nous, lecteurs, d’être aussi dans la confidence. « Ils me claquent toujours de Gaulle dans les gencives. Ce qu’ils ne saisissent pas, c’est que le Grand Charles a perdu la partie. Il est foutu. Nous avons libéralisé la finance dans le monde entier, nous, c’est-à-dire moi et Delors. » « Les vieux pays sont cuits… En France comme en Allemagne, ce sera l’Hymne à la joie pour tout le monde. Version Karajan. Cette communauté européenne… J’y pensais depuis toujours… Depuis Vichy… Il n’y avait pas que du mauvais à Vichy… »</p>
<p>Venise en amoureux avec Sylvie. « Trois jours au Gritti. La chambre d’angle, au premier étage, qui donne sur le Grand Canal. » Et pourtant au départ ce n’était pas gagné. « Vous êtes formidable. Un homme sans identité bancaire ni fiscale… un passe-muraille… Inconnu au bataillon… Un homme qui résiste à la pression de la société. Luc, c’est votre prénom ?<br />
Oui.<br />
Quel est le problème qu’il faudrait traiter en priorité ?<br />
L’argent liquide. Je ne sais plus quoi en faire. »</p>
<p>Sylvie qu’il épousera à la mairie du 6e sera la mère de ses deux enfants. Avant de divorcer au bout de cinq ans.</p>
<p>Un long quasi-<em>page-turner</em> de près de 500 pages. Non pas écrit à l’américaine, mais à la française. Si l’histoire nous intrigue, c’est l’écriture qui nous captive. Monologue au présent de narration la plupart du temps, parsemé d’interventions entre guillemets des différents interlocuteurs.</p>
<p>L’île de Gozo, Malte. Monologue intérieur : « Je fais l’inventaire des prestiges qui m’entourent. La maison, le paysage, l’infini. Ma chambre très clair, les murs blancs, les dessins de Favray, les rectangles des kilims d’un rouge somptueux, le jardin d’orangers, la lande, la mer, les îles, la mer encore, de tous les côtés. Des intonations chaudes, familières, qui vibrent et se mélangent. Je ne me plais plus qu’ici. J’ai parlé un jour de nouveau départ (« fresh start ») devant Violetta.<br />
« Tu ne penses pas que tu devrais plutôt parler d’un enterrement de première classe ? m’avait-elle répondu. Tu files vers tes soixante-treize ans et tu t’installes dans une île de 67 kilomètres carrés qui n’intéressent persone… »</p>
<p>Il y a du Sollers, celui de <em>La Fête à Venise</em>, qui, de la définition du bonheur, écrit : trouver le lieu, l’heure, l’autre qu’il faut.</p>
<p>Plus loin. « Elle ressemble à tous les siens, toujours pressés de s’étourdir, de célébrer les dieux de la mer, du vin, et de l’amour, en même temps qu’ils sacrifient de manière aussi festive que pieuse aux rites d’un catholicisme magique, venu se greffer du fond de la Méditerranée sur les idoles de Carthage et de Rome. »</p>
<p>Au passage, à Beyrouth, sur les terrasses de l’Alberto. Une jolie serveuse, Ghada, étudiante en lettres françaises : « Nous nous faisons beaucoup de souci pour votre pays. » « Nous, nous avons appris à survivre en dansant sur notre volcan, depuis cinquante ans. Mais si votre pays disparait, tout se compliquera pour nous. »</p>
<p>Le critère de Smith : les Romains. « Je voudrais créer un pays entièrement privé, neuf, moderne, où il fasse bon vivre. Les Romains vivaient là comme des pachas. Aussi bien et peut-être mieux qu’à Rome. Pourquoi pas nous ? »</p>
<p>Daniel Rondeau, de l’Académie française, élu en 2019, a reçu en 2017 le grand prix du roman de l’Académie française pour <em>Mécaniques du chaos</em>, premier volet du triptyque romanesque qui se termine par <em>Le Système de l’argent</em>, dont la lecture est parfaitement autonome. Dès le début du roman : Gozo. « J’ai trouvé ma place sur l’axe ciel-terre, loin des illusions d’un monde dont je ne souhaite plus vraiment comprendre le langage. Ce rocher est devenu le cœur de ma félicité. Cet exil est d’une certaine façon un accomplissement. Il est en tous cas à l’image de ma vie que j’ai souhaitée en dehors de tous les systèmes, même si j’en connaissais suffisamment les codes pour les manipuler et me donner les moyens d’organiser ce que j’appelle mon « incompatibilité » ».</p>
<p>Mais Chris Smith va le recruter. Si Luc a renoncé « à la Revolution, c’est parce qu’il a compris que la vraie justice n’est pas de ce monde. » <sup class="spip-note">[ https://fr.aleteia.org/2026/03/07/face-au-systeme-de-largent-roman-dune-resistance/ ]</sup>. Faute de changer le monde, reste à le raconter.<br />
Il faut bien, un jour, revenir des Croisades. « Cervantès, présent à la bataille de Lépante, où il avait perdu un bras – on l’avait surnommé le manchot de Lépante – ayant renoncé aux joutes et aux combats, se tourne vers la littérature, « cette invention qu’il a reçue du ciel et dont il est le plus fier ». » <sup class="spip-note">[ https://fr.aleteia.org/2026/03/07/face-au-systeme-de-largent-roman-dune-resistance/ ]</sup></p>
<p>La bonne nouvelle, c’est que le roman se portera bien, tant que l’on mettra, comme le fait Daniel Rondeau, la littérature au-dessus de tout.</p>
<p>{Thierry Martin, <br />
_ écrivain<br />
Auteur de : } L’Américaine<em>, Collection L’Esprit Hussard, 146 p., 2024.</em><br />
<a href="https://www.amazon.fr/LAm%C3%A9ricaine-Thierry-Martin/dp/B0CZPJJ1D4">L&#039;Américaine<em> : Martin, Thierry : Amazon.fr : Livres</a></em></p>
<p>[Les échos « Culture » sont publiés à titre informatif et ne reflètent pas nécessairement la position du Comité Laïcité République.]</p>
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<h2>Documents joints</h2>
<ul class="spip-documents-list">
<li class="spip-document-item"><a class="spip-document-link" href="/wp-content/uploads/2026/05/rondeau.png"><span class="spip-document-thumb-wrap"><img loading="lazy" decoding="async" width="150" height="150" src="https://laicite-republique.org/wp-content/uploads/2026/05/rondeau-150x150.png" class="spip-document-thumb" alt="rondeau.png" loading="lazy" /></span><span class="spip-document-title">rondeau.png</span> <span class="spip-document-mime">image/png</span></a></li>
</ul>
</div>
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			</item>
		<item>
		<title>Th. Martin &#8211; Le globalisme wokiste contre l&#8217;identité nationale (J.-P. Caron, 29 jan. 26)</title>
		<link>https://laicite-republique.org/th-martin-le-globalisme-wokiste-contre-lidentite-nationale-j-p-caron-29-jan-26/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Apr 2026 17:14:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Notes de lecture]]></category>
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					<description><![CDATA[Note de lecture par Jean-Paul Caron (J.-P. Caron, 29 jan. 26) A propos de Amerexit: Sortir du rêve américain devenu cauchemar, de Thierry Martin (amazon.fr) Thierry Martin, Amerexit: Sortir du rêve américain devenu cauchemar, amazon.fr, 2025, 315 p., 15 e. Thierry Martin, penseur non-conformiste, interprète le réel autant qu’il cherche à peser dans la formation [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="spip-surtitre"><strong>Note de lecture</strong></p>
<p class="spip-soustitre"><strong>par Jean-Paul Caron</strong></p>
<div class="spip-descriptif">
<p>(J.-P. Caron, 29 jan. 26) A propos de <em>Amerexit: Sortir du rêve américain devenu cauchemar</em>, de Thierry Martin (amazon.fr)</p>
</div>
<div class="spip-chapo">
<p><strong>Thierry Martin, <em>Amerexit: Sortir du rêve américain devenu cauchemar</em>, <a href="https://www.amazon.fr/Amerexit-Sortir-am%C3%A9ricain-devenu-cauchemar/dp/B0FSZR5BL9">amazon.fr</a>, 2025, 315 p., 15 e.</strong></p>
</div>
<p>Thierry Martin, penseur non-conformiste, interprète le réel autant qu’il cherche à peser dans la formation de l’opinion publique. C’est la raison pour laquelle il intervient en tant que publiciste dans la presse. Selon lui la France est doublement menacée : par le globalisme wokiste et immigrationiste, et par l’islamisme.</p>
<p>Dès l’introduction, qui s’intitule « Prolégomènes » le texte s’avère roboratif avec une addition de mots et concepts empruntés à la philosophie, tels « fonction heuristique », « subsume », « concaténation », « hubristique ». Le terme le plus fondamental étant « idéal-type », un concept utilisé par le sociologue Max Weber, qui permet d’appréhender le réel sur le plan qualitatif.</p>
<p>Pas question de le lire en diagonale. Il faut une bonne dose de concentration pour comprendre la pensée de Thierry Martin, qu’il décrit lui-même comme un « en même temps », plus hégélien que macronien.</p>
<p>Les initiés, comme moi, connaissent tous les sujets qui lui tiennent à cœur, et reconnaissent la constance et la cohérence de celui qui se définît comme conservateur libéral depuis sa rupture avec la gauche, il y a plus de trente ans ; et dans ce texte, ces sujets répondent tous présents.</p>
<p>Si j&rsquo;ai bien compris, en idéologue, au sens positif du terme, il défend ici sa vision autour d’une ligne pour laquelle un libéralisme pur (celui de Bastiat et plus près de nous Hayek) est la clé de la vraie défense de la liberté.</p>
<p>Car pour lui les faux libéraux, aidés par la pression idéologique wokiste anti-identité nationale, ne font que pencher vers une irrémédiable chute dans un totalitarisme structurel doux, prodrome d’un supranational État Européen fédéral. En cela, ces « faux libéraux » rejoignent toute cette gauche (et aussi droite) libertaire américaine, et tous les tenants du constructivisme (des plus lights &#8211; Keynes &#8211; aux socialistes plus marxisants). Ils participent ainsi à la mise en place d&rsquo;un quasi-système soviétoïde, liberticide et paradoxalement sans frontières, tout en faisant le lit de l&rsquo;islamisme.</p>
<p>Oui, cette analyse tridimensionnelle est difficile à digérer dans un premier temps, mais elle introduit selon moi une idée originale : un vrai patriotisme de type barrésien pourrait garantir notre identité pour lutter contre le globalisme liberticide (idiot utile de l&rsquo;islamisme)&#8230; À condition bien sûr, comme le précise l’auteur, qu&rsquo;il respecte la vraie pensée libérale, transcendée par la pensée chrétienne &#8211; parce qu’il y a aussi cette dimension-là dans l’ouvrage.</p>
<p>Je l’invite au passage, comme j’invite ses lecteurs, à relire Maurice Barrès.</p>
<p>Cet essai nous propose la quintessence de la pensée de Thierry Martin. L’urgence est de sortir de l’UE, mais, précise l’auteur, « ne surtout pas s’enfermer dans une économie socialiste autarcique. »</p>
<p>L’ouvrage en fournit les moyens intellectuels au lecteur résolu. À la limite il est possible de lire les chapitres suivants plus digestes et paradoxalement reprendre la lecture des « prolégomènes » après coup pour resserrer la compréhension globale de l’essai. Malgré son exigence, cet ouvrage désormais nécessaire à la culture de l’honnête homme, pourra faire le bonheur d’un lycéen de Terminale lassé de la doxa.</p>
<p>Cet ancien doctorant de l’EHESS se dit apostat de la gauche avec laquelle il a opéré une rupture épistémologique. Il travaille dans les pas d’un Roger Scruton et d’un David Horowitz.</p>
<p>Au fond, ce roboratif et brillant ouvrage n’est pas un essai au sens classique, mais plutôt un pamphlet, une thèse idéologiquement définie et charpentée par son auteur.</p>
<p><em>Jean-Paul Caron</em></p>
<p>[Les échos « Culture » sont publiés à titre informatif et ne reflètent pas nécessairement la position du Comité Laïcité République.]</p>
<p><!-- spip-documents-joints --></p>
<hr class="spip-documents-separator" />
<div class="spip-documents-joints">
<h2>Documents joints</h2>
<ul class="spip-documents-list">
<li class="spip-document-item"><a class="spip-document-link" href="/wp-content/uploads/2026/04/amerexit.jpg"><span class="spip-document-thumb-wrap"><img loading="lazy" decoding="async" width="150" height="150" src="https://laicite-republique.org/wp-content/uploads/2026/04/amerexit-150x150.jpg" class="spip-document-thumb" alt="amerexit.jpg" loading="lazy" /></span><span class="spip-document-title">amerexit.jpg</span> <span class="spip-document-mime">image/jpeg</span></a></li>
</ul>
</div>
<p><!-- /spip-documents-joints --></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Th. Muzergues &#8211; Et si il y avait un woke de gauche et un woke de droite ? (Th. Martin)</title>
		<link>https://laicite-republique.org/th-muzergues-et-si-il-y-avait-un-woke-de-gauche-et-un-woke-de-droite-th-martin/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Mar 2026 23:43:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Notes de lecture]]></category>
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					<description><![CDATA[Note de lecture par Thierry Martin (Th. Martin). A propos de La Droite woke, de Thibault Muzergues (L&#8217;Observatoire). Thibault Muzergues, La Droite woke, éd. L&#039;Observatoire, 5 mars 26, 204 p. Le Twix, un biscuit recouvert de caramel et enrobé de chocolat au lait, emballé par paires, est présenté, dans une pub empreinte de ce nonsense [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="spip-surtitre"><strong>Note de lecture</strong></p>
<p class="spip-soustitre"><strong>par Thierry Martin</strong></p>
<div class="spip-descriptif">
<p>(Th. Martin). A propos de <em>La Droite woke</em>, de Thibault Muzergues (L&rsquo;Observatoire).</p>
</div>
<div class="spip-chapo">
<p><strong>Thibault Muzergues, <em>La Droite woke</em>, <a href="https://editions-observatoire.com/livre/La-droite-woke/635">éd. L&#039;Observatoire</a>, 5 mars 26, 204 p.</strong></p>
</div>
<p>Le Twix, un biscuit recouvert de caramel et enrobé de chocolat au lait, emballé par paires, est présenté, dans une pub empreinte de ce <em>nonsense</em> britannique, comme un Twix de gauche et un Twix de droite. À l’origine, avant qu’ils ne soient aussi présentés par paires par Thibault Muzergues, il n’y avait qu’un woke de gauche caractérisé par « l’obsession de l’identité, la victimation permanente ou l’intolérance la plus caricaturale ». Mais, par « mimétisme tactique », un woke de droite est apparu, dit-il.</p>
<p>Du wokisme de droite à la droite woke, il n’y a qu’un pas. Le phénomène constituerait une sorte d’ingénierie sociale symétrique à celle du progressisme, un pas que l’auteur franchit un peu trop aisément, enivré par cette trouvaille plus publicitaire que sociologique. Il les moque : droite « Calimero », droite « Ouin-ouin », là aussi, plus des épithètes que des arguments.</p>
<p>Se plaçant du point de vue de l’intérêt électoral du mouvement conservateur (c’est de là que le camarade Muzergues parle), il craint que ledit « wokisme de droite » ne transforme la droite en mouvement perçu comme extrëmiste, redonnant ainsi à la gauche un avantage moral et politique. L’idéal pour lui serait de revenir à un conservatisme libéral à la mode de Burke, auquel souscrit le philosophe anglais brexiteur Roger Scruton <sup class="spip-note">[<em>L’Erreur et l’orgueil. Penseurs de la gauche moderne</em>. L’Artilleur. 2019.]</sup>. Le conservateur (Burke) à la différence du réactionnaire (Joseph de Maistre) se positionne en faveur de l’ancien, mais accepte la nécessité du nouveau. « Que doit-on conserver ? » Son opposant idéal sera le social-démocrate, dont le conservateur conclura simplement qu’il se trompe sans y voir le retour du communisme.</p>
<p>Le problème c’est que Muzergues semble remettre en question, sous couvert d’anti-wokisme de droite, la guerre culturelle engagée en Amérique il y a plusieurs décennies et dont l’élection de Donald Trump en 2016 fut le premier fruit.</p>
<p>Revenu pour son second mandat, après quatre années d’exil intérieur, tel le Comte de Monte-Cristo, plus moralement armé que jamais, il coupe désormais les vivres aux acteurs de l’écosystème woke. Tous poussent des cris d’orfraie, surtout en France, où, parce que plus récemment convertie, les acteurs sont plus zélés. Musk débarque dans les locaux de l’agence du climat, de l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique, de l’Agence pour le développement international (USAID). <em>A fuera !</em> comme dit l’Argentin Milei.</p>
<p>Et le chœur des pleureuses pour le coup de droite comme de gauche : « Ah ! c’est d’essstrême-drouaaate. » Non, c’est nécessaire. La modération, c’est Fillon qui, le soir du premier tour 2017, appelle à voter Macron, alors que les bénévoles sont encore en train de procéder au dépouillement. Durant cette même soirée, sans même attendre l’onction du suffrage universel au second tour l’impétrant autoproclamé fêtera par avance avec ses amis, sa « victoire par effraction » à La Rotonde, boulevard du Montparnasse à Paris, défiant la superstition disant qu’il ne faut pas vendre la peau de l’ours…</p>
<p>Face aux roublards, la modération a ses limites que sont les échecs de la droite en France. D’une certaine façon Muzergues le dit, mais il n’en tire pas les conclusions.</p>
<p>Il faut ici se demander où penche vraiment Thibault Muzergues, le directeur des programmes de l’ONG américaine International Republican Institute, qui fut présidée par John McCain, un RINO. En fait, l’IRI est perçu comme un nid de RINO, Republican in name only comme disent les Américains de droite (le RINO étant l’équivalent de Villepin, Juppé ou Philippe en France), c’est la raison pour laquelle leurs crédits ont été coupés. « Le wokisme de droite m’aura coûté mon emploi, après quatorze ans de bons et loyaux services à l’IRI, » avoue-t-il en fin d’ouvrage.</p>
<p>Le wokisme stricto sensu issu du déconstructionisme de Deleuze, philosophe français post-moderne des années 1960, appelé French Theory aux États-Unis, prend racine dans l’hégémonie culturelle conceptualisée durant ses années de prison par le fondateur du parti communiste italien Antonio Gramsci, porteur d’une pensée marxiste hétérodoxe, qui a permis au siècle dernier à la gauche européenne de mener avec constance une guerre culturelle visant à transformer les représentations collectives, les normes morales, les imaginaires sociaux. L’école, l’université, les médias, la littérature, le cinéma, les arts, toutes ces sphères ont été progressivement investies comme autant de positions stratégiques. Le Parti démocrate américain s’est, de Clinton à Obama, converti à ce « marxisme culturel » qui a abandonné le social pour le sociétal, méprisé les « deplorables » blancs ou noirs de la classe moyenne (qui comprend les ouvriers) pour courtiser les bobos des centres villes, les migrants légaux ou illégaux (d’où le refus des Démocrates de devoir présenter une pièce d’identité au bureau de vote) et les diplômés biberonnés au marxisme culturel.</p>
<p>Le succès du wokisme, souligne l’auteur, s’explique par des racines encore plus profondes qui plongent dans le terreau chrétien de l’Occident. Références chrétiennes sans dieu, aussi à l’origine du socialisme, ajouterais-je ; des valeurs chrétiennes devenues folles que pourfendait avec humour l’écrivain catholique anglais G. K. Chesterton.</p>
<p>Aujourd’hui, cette gauche qui prônait le louable droit à l’indifférence, s’est mise à réclamer un droit à la différence, puis sous la houlette du lobby transgenre est passée à l’exigence d’une restriction de la liberté d’expression au nom de la prévention de délits construits.</p>
<p>Le wokisme, de gauche, forcément de gauche (c’est votre serviteur qui le précise), appelé tout d’abord politiques de l’identité (<em>Identity politics</em>) divise la population en groupe raciaux, ethniques et en genres, hiérarchisés selon une prétendue oppression. En revanche l’identité nationale (française en l’occurrence) est un dépassement par le haut des particularismes. L’identité nationale n’est pas un identitarisme.</p>
<p>Et Zemmour, l’ancien journaliste du <em>Figaro</em>, créateur du parti politique Reconquête, régulièrement présenté dans l’ouvrage comme un acteur de l’hypothétique « droite woke », n’en prend vraiment pas le chemin.</p>
<p>Bien sûr, une nation démocratique laïque peut avoir une population plus ou moins homogène. Mais sans identité nationale, c’est le retour assuré de la bataille des ethnies et des religions au sein d’un monde écolo-globalisé. Sachant que les islamistes (étonnamment absents de l’ouvrage) attendent leur heure dans le nid du wokisme pour développer un globalisme vert concurrentiel mais d’un vert différent, celui de la Oumma.</p>
<p>Dès 2016, l’intellectuel américain David Horowitz pose la question : « En quoi les « politiques de l’identité » sont-elles conçues pour nous détruire ? » (Le « nous » étant mis pour nation américaine.) Et il définit les trois piliers sur lesquels repose cette nouvelle foi totalitaire :</p>
<p>Le premier pilier (<em>totalist agenda</em>) est celui de l’élimination de la sphère privée, l’abandon de l’idée libérale selon laquelle l’autorité du gouvernement doit être limitée, parce que l’intime serait politique.</p>
<p>Le second pilier (<em>social construction</em>) est l’idée selon laquelle tout n’est que construction sociale y compris le genre et la « race ». Idée anti-scientifique au possible.</p>
<p>Le troisième pilier étant l’objectivation (<em>objectivation</em>) : L’individu en tant qu’acteur responsable disparaît derrière son identité de groupe. Si les femmes sont « sous-représentées » dans les postes d’ingénieurs chez Google, cela ne peut pas être à cause des choix individuels faits par des femmes – mais d’une conspiration patriarcale invisible, le sexisme.</p>
<p>Cette conceptualisation largement exposé dans <em>Amerexit. Sortir du rêve américain devenu cauchemar</em> <sup class="spip-note">[<em>Amerexit. Sortir du rêve américain devenu cauchemar</em>, Samizdat published, Collection Témoignage/Essai, 2026, Thierry Martin]</sup> commis par votre serviteur, n’apparait pas dans la pourtant très intéressante première partie de <em>La Droite woke</em>, intitulée  « Genèse du wokisme : un sectarisme venu de gauche », riche illustration bien documentée, mais qui se limite à une description monographique qui ne réussit pas à conceptualiser son objet d’étude. Il en reste à « Identité, victimation et intolérance » pour décrire la droite woke comme il a décrit la gauche woke.</p>
<p>Pourtant l’auteur de <em>La Quadrature des classes</em> <sup class="spip-note">[<em>La Quadrature des classes. Comment  l’émergence de nouvelles classes sociales bouleverse les paysages politiques occidentaux.</em>, éd Le Bord de l&rsquo;eau, 2020.]</sup> nous a prouvé par le passé qu’il savait innover sur le plan conceptuel.</p>
<p>Mais ce qu’il faut retenir, et qui n’est malheureusement pas dit dans <em>La Droite woke</em>, c’est que la fonction du wokisme, en valorisant les lubies moins individuelles qu’on ne le croit, d’un homme nouveau, pervers polymorphe, sans famille, sans patrie puisque sans frontière, sert avant tout la destruction des nations au profit d’un globalisme utopique, un monde chrétien sans Dieu.</p>
<p>À la limite, s’il devait exister un wokisme de droite et non pas une droite woke, ce serait du côté de la nouvelle droite, païenne anti-chrétienne, différencialiste, régionaliste et pro-européenne, où l’on retrouve les identitaires bretons ou occitans.</p>
<p>Le woke de gauche antisioniste déteste la nation d’Israël plus encore que les juifs qui tant qu’ils étaient cosmopolites étaient du bon côté du globalisme.</p>
<p>Le woke travaille à la destruction des nations au nom du globalisme, l’UE étant le laboratoire de ce globalisme ; le retour des nations libres qui échangent et coopèrent librement entre elles, et la taille ne compte pas, de l’Angleterre post Brexit à Singapour, de l’Argentine de Milei à l’Italie de Melloni, de l’Amérique de Trump à la Hongrie de Orban ou au Japon de Sanae Takaichi, placera à terme le wokisme dans une situation d’obsolescence. C’est là l’essentiel. Mais la guerre culturelle sera longue et impitoyable.</p>
<p>Cela étant <em>La Droite woke</em> vaut la peine d’être lu pour se rappeler à quel point le wokisme (de gauche) qui a pénétré « jusqu’à l’entreprise en raison du patient travail de formation des cadres opéré depuis des années par le personnel enseignant américain » (et désormais français aussi) et « l’application des politiques de DEI « diversité, égalité et inclusion » », notamment en France sous couvert de RSE, responsabilité sociétal des entreprises. Si les mesures drastiques de Trump ont permis le début d’un reflux du wokisme, il est toujours en pleine essor en France.</p>
<p><em>Thierry Martin, écrivain, essayiste, anthropologue, ancien doctorant de l’EHESS à Paris, diplômé de l’IFG à Paris. Auteur de </em><a href="https://laicite-republique.org/?p=21591">Amerexit: Sortir du rêve américain devenu cauchemar</a> { (Amazon.fr).</p>
<p>}</p>
<p>
L’auteur de <em>La Quadrature des classes</em> <sup class="spip-note">[<em>La Quadrature des classes. Comment  l’émergence de nouvelles classes sociales bouleverse les paysages politiques occidentaux.</em>, éd Le Bord de l&rsquo;eau, 2020.]</sup> nous a prouvé par le passé qu’il savait innover sur le plan conceptuel, avec sa « classe créative » qui regroupe les acteurs de l’économie de la connaissance, cette phase nouvelle du capitalisme qui s’appuie sur la circulation de l’information et le déploiement de la créativité. Ils sont politiquement attachés à une certaine liberté économique, tout en étant sensibles aux revendications à la différence des minorités, ce qui les rapproche des candidats libéraux économiquement et progressistes socialement, comme Emmanuel Macron ou Justin Trudeau.</p>
<p>Ensuite la classe moyenne provinciale, héritière du mode de vie des Trente glorieuses, qui regroupe les habitants des petites villes de province et des périphéries urbaines, loin des centres villes créatifs. Ils continuent de jouir économiquement des avantages de l’économie mondialisée, restent attachés au système capitaliste mais dans sa pureté originelle, c’est-à-dire valorisant le travail pour lui-même et sanctionnant les profiteurs qui choisissent des modes de vie alternatifs. Ils sont alliés à une autre classe, les « boubours » (bourgeois bourrins, électeurs de Fillon ou de Boris Johnson) qui par opposition aux « bobos » créatifs (bourgeois bohèmes) demeurent attachés aux valeurs traditionnelles. Ils restent globalement fidèles à la droite traditionnelle mais peuvent se tourner vers le populisme s’il ne remet pas trop en cause leurs intérêts économiques.</p>
<p>La troisième catégorie est la « classe ouvrière blanche ». Anciennement intégrée aux bénéfices de la croissance, elle souffre d’une paupérisation progressive dès les premières délocalisations d’usines dans les pays émergeants. Elle partage avec les classes moyennes traditionnelles le souci du commun. Dès lors, cette classe se constitue identitairement en opposition avec les travailleurs étrangers qui semblent les concurrencer de manière déloyale, ce qui les rapprochent des partis de droite qui ont su prendre un virage social ou populiste, comme le Rassemblement National. La classe ouvrière blanche trouve ainsi dans les créatifs une classe sociale plus hostile encore que les « boubours » puisqu’ils sont les porteurs les plus dynamiques des changements à l’origine de leur fragilité sociale.</p>
<p>Enfin Muzergues, toujours dans <em>La Quadrature des classes</em>, identifie une quatrième classe capable de se fédérer autour d’un discours de valeurs et d’intérêt économique, les <em>millenials</em>. Elle désigne une population jeune, éduquée et non issue des minorités. Ils souffrent d’une frustration relative vis-à-vis des espoirs que le système leur offrait. Après de longues études, ils se retrouvent sans emploi ou perdus dans une économie de la connaissance qui n’échappe pas aux travers de la division du travail. Désenchantés, ils se rebellent contre le système et se tournent vers la gauche radicale (Mélenchon, Bernie Sanders).</p>
<p>Bien vu, même s’il faut rappeler que le « bobo » et même le « lili bobo », bourgeois bohème libéral-libertaire a été conçu par le sociologue Michel Clouscard dans les années 1980 (<em>Le Capitalisme de la séduction</em>.)</p>
<p>[Les échos « Culture » sont publiés à titre informatif et ne reflètent pas nécessairement la position du Comité Laïcité République.]</p>
<hr>
<div class="spip-ps">
<p>Voir aussi dans la Revue de presse le dossier <a href="https://laicite-republique.org/?cat=532">&quot;Wokisme&quot;</a> <em>(note de la rédaction)</em></p>
</div>
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		<title>Th. Martin &#8211; « Quand Guy Lux est entré dans ma chambre d&#8217;hôtel » (E. Moreau)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Jul 2025 01:55:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Notes de lecture]]></category>
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					<description><![CDATA[Note de lecture par Edouard Moreau (E. Moreau). A propos de La Baule, back street, de Thierry Martin (amazon.fr). [Les échos « Culture » sont publiés à titre informatif et ne reflètent pas nécessairement la position du Comité Laïcité République.] Thierry Martin, La Baule, back street, amazon.fr, 2025, 32 p., 3 e. C’est une remémoration fruit d’une [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="spip-surtitre"><strong>Note de lecture</strong></p>
<p class="spip-soustitre"><strong>par Edouard Moreau</strong></p>
<div class="spip-descriptif">
<p>(E. Moreau). A propos de <em>La Baule, back street</em>, de Thierry Martin (amazon.fr).</p>
</div>
<div class="spip-chapo">
<p>[Les échos « Culture » sont publiés à titre informatif et ne reflètent pas nécessairement la position du Comité Laïcité République.]</p>
<p><strong>Thierry Martin, <em>La Baule, back street</em>, <a href="https://www.amazon.fr/Baule-back-street-chambre-dh%C3%B4tel-ebook/dp/B0F92XP9K8/ref=sr_1_12?dib=eyJ2IjoiMSJ9.X07vRUgBQ3aOGxzr6cf8MQVj6Q4tpP__iJIVAPVBfSIOIMUkFocp8Z45s4-Cx5i1S8JD51q6Up-19Ho5c_bDxtZVcADErur-xnmUwT7TS6zgZoP-sEGyJazg6Y-jiSIzqQLDFy95Ml00zj0hNZRNngiBhJSX8lgCUgnJtoixGXqTCyuBp9MZ9kKdOvCRlgu8DjodyFVF8Isivka_41-A2m5yErUYwtOuvhtph7HcbS-hA-vIM5qB9vTICeIAI2pW7zRhk97BbeD2KcfIuT3B5y3EBN1l1GiRhhUm0XEjoeo.sE8KDvYnxfMg-8U2q2awtCMWKyK0PZSiia2yKGiu1OY&amp;dib_tag=se&amp;keywords=thierry+martin&amp;qid=1749604911&amp;sr=8-12">amazon.fr</a>, 2025, 32 p., 3 e.</strong></p>
</div>
<p>C’est une remémoration fruit d’une conversation par texto avec son ami Édouard que nous donne à lire Thibault, le narrateur. Il cherche à situer un évènement insolite qu’il a vécu avec sa maîtresse à La Baule : quand Guy Lux est entré dans leur chambre d’hôtel.</p>
<p>Le lecteur comprend que le narrateur a une maîtresse, mais qu’il aime Sixtine, qu’il appelle sa femme, avec laquelle il ne vit pas encore. Marjolaine, sa maîtresse, ne le sait pas, mais le soupçonne d&rsquo;être seul. Il lui affirme le contraire. Au fond, elle préfèrerait être simplement jalouse plutôt qu&rsquo;humiliée.</p>
<p>Dorine est belle a en oublier les fautes dans sa lettre de motivation. Il l&rsquo;a embauchée sur le champ. Mais pas question de baiser dans l&rsquo;évêché.</p>
<p>« Marjolaine était ma maîtresse parce qu’elle n’avait pas vocation à devenir ma femme.</p>
<p>Ma femme c’était Sixtine. Son visage, son esprit, son corps m’allait comme un gant. Sensation de parfait emboitement quand nous avons fait la bête à deux dos. Une épée dans son fourreau, une chaussure au pied de Carrie Bradshaw de <em>Sex and the City</em>.  Je la comparais à Cameron Diaz, la bouche moins grande, mais tout aussi drôle, disons qu’elle avait un faux air de Diana. Elle m’appelait son Hugh, comme Hugh Grant, elle m’appelait aussi Alf. Mes finances s’étant nettement améliorées, j’avais déménagé en juillet 2006 dans un bel Haussmannien spacieux rien que pour elle, et moi. Finalement c’est avec Dorine que je l’ai aménagé. »</p>
<p>Il ne s’agit aucunement d’une de ces détestables autofictions, nous dit l’auteur. En revanche il crée un effet d’évidence, comme s’il nous donnait des preuves de réalité. Ainsi, à l’enchâssement de deux récits se superposent les souvenirs comme des couches d’écriture sur un palimpseste.</p>
<p>Pour le lecteur tout est vrai parce qu’il a d’emblée envie d’y croire. Le travail de l’auteur est de se faire oublier pour permettre au lecteur de retrouver la naïveté de l’enfant qui lit une histoire et y croit dur comme fer.</p>
<p><em>La Baule, back street</em> est une nouvelle de Thierry Martin à la fois légère et plus profonde qu’elle ne s’en donne l’air, à lire, et pas seulement à la plage.</p>
<p>{Edouard Moreau<br />
}</p>
<hr>
<div class="spip-ps">
<p>Thierry Martin a déjà publié <br />
-* <em>Amerexit, sortir du rêve américain devenu cauchemar</em>. Essai. 2025, Samizdat published, imprimerie Amazon<br />
-* <em>Cristallisations</em>, recueil de nouvelles, collection l’esprit hussard, 2025, Samizdat published, imprimerie Amazon<br />
-* <em>Trois Singapore Slings au bar du Ritz</em>, nouvelle, collection l’esprit hussard, 2025, Samizdat published, imprimerie Amazon<br />
-* <em>L’Américaine</em>, roman, collection l’esprit hussard, 2024, imprimerie Amazon<br />
-* <em>Célébrités | Les Causes des people | Ce que des personnalités nous disent de l’époque</em>, chroniques, collection témoignage, 2024, imprimerie Amazon<br />
-* <em>Pourquoi il faut prendre aux pauvres pour donner aux riches</em>, aphorismes, collection l’esprit hussard, 1999-2024, imprimerie Amazon<br />
-* <em>Le Polichinelle dans le tiroir… c’est moi, journal d’un drôle de zigue</em>, roman fantastique, collection éthique et culture de vie, 2024, imprimerie Amazon<br />
-* <em>L’Assassin innocent</em>, nouvelles et libelles, collection éthique et culture de vie, 2022, imprimerie Amazon<br />
-* <em>Le vieux salopard ou comment échapper à l’euthanasie dans la dignité</em>, nouvelle, 2022 ; suivi de <em>Scène de ménage, rue du Faubourg Saint-Honoré</em>, théâtre, 2023 ; suivi de <em>Plus suicidaire que moi, tu meurs</em>, nouvelle 2023, collection humour noir et culture de vie, imprimerie Amazon<br />
-* <em>BoJo, un punk au 10 Downing Street</em>, chroniques anglaises, collection témoignage, 2019-2022, imprimerie Amazon</p>
</div>
<p><!-- spip-documents-joints --></p>
<hr class="spip-documents-separator" />
<div class="spip-documents-joints">
<h2>Documents joints</h2>
<ul class="spip-documents-list">
<li class="spip-document-item"><a class="spip-document-link" href="/wp-content/uploads/2025/07/baule.jpg"><span class="spip-document-thumb-wrap"><img loading="lazy" decoding="async" width="150" height="150" src="https://laicite-republique.org/wp-content/uploads/2025/07/baule-150x150.jpg" class="spip-document-thumb" alt="baule.jpg" loading="lazy" /></span><span class="spip-document-title">baule.jpg</span> <span class="spip-document-mime">image/jpeg</span></a></li>
</ul>
</div>
<p><!-- /spip-documents-joints --></p>
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			</item>
		<item>
		<title>A. Quentin &#8211; Retour chariot (E. Marquis)</title>
		<link>https://laicite-republique.org/a-quentin-retour-chariot-e-marquis/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Jun 2025 07:21:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Notes de lecture]]></category>
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					<description><![CDATA[Note de lecture par Eric Marquis (E. Marquis). A propos de Le Voyant d&#8217;Etampes, d&#8217;Abel Quentin (L&#8217;Observatoire). [Les échos « Culture » sont publiés à titre informatif et ne reflètent pas nécessairement la position du Comité Laïcité République.] Abel Quentin, Le Voyant d&#8217;Etampes, éd. L&#039;Observatoire, août 2021, 384 p., 20 e., J&#8217;ai lu, 8,90 e. Un universitaire [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="spip-surtitre"><strong>Note de lecture</strong></p>
<p class="spip-soustitre"><strong>par Eric Marquis </strong></p>
<div class="spip-descriptif">
<p>(E. Marquis). A propos de <em>Le Voyant d&rsquo;Etampes</em>, d&rsquo;Abel Quentin (L&rsquo;Observatoire).</p>
</div>
<div class="spip-chapo">
<p>[Les échos « Culture » sont publiés à titre informatif et ne reflètent pas nécessairement la position du Comité Laïcité République.]</p>
<p><strong>Abel Quentin, <em>Le Voyant d&rsquo;Etampes</em>, éd. <a href="https://editions-observatoire.com/livre/Le-Voyant-d%E2%80%99Etampes/313">L&#039;Observatoire</a>, août 2021, 384 p., 20 e., <br />
J&rsquo;ai lu, 8,90 e.</strong></p>
</div>
<p>Un universitaire sur le retour, Jean Roscoff <sup class="spip-note">[« Mâle blanc de 60 ans », <a href="https://www.youtube.com/watch?v=oY1K5tMzhRA">&quot;Abel Quentin &#8211; Le voyant d&#039;Etampes&quot;</a> <em>(note de la rédaction CLR)</em>.]</sup>, a écrit un livre sur un poète communiste américain, Robert Willow.</p>
<p>On lui reproche d&rsquo;avoir sous-estimé le fait que celui-ci était noir. Il fallait dire qu&rsquo;il s&rsquo;exprimait et agissait en tant que noir.</p>
<p>« Vous n&rsquo;avez pas compris que nous avons changé de paradigme, Jean. »  (On ira tous au paradigme.)</p>
<p> [Sa fille s&rsquo;est mise en couple avec une militante « woke » intransigeante.]<br />
_ « La dernière fois que j&rsquo;ai vu ce regard, c&rsquo;était chez certains anciens de la Ligue communiste révolutionnaire, quand j&rsquo;étais à SOS. Une dureté. J&rsquo;imagine que Saint-Just, Robespierre étaient comme ça. Des gens qui ne doutent pas, qui pensent que le doute est la marque des faibles. Elle avait les narines dilatées par la colère. Pour elle, la question était réglée : j&rsquo;étais un homme hétérosexuel, donc un oppresseur. Pire, un violeur en puissance. »</p>
<p>D&rsquo;un autre côté, avec mon ami de 40 ans John Smith on échange sur le droit à mourir. Moi : « Je souhaite que chacun soit maître de son destin tout au long de sa vie, du début jusqu&rsquo;à la fin.<br />
_ Lui : « Connerie existentialiste à l&rsquo;origine du wokisme. »</p>
<p>Il faut dire que lycéen, John Smith était sartrien de stricte obédience, à tel point que ses amis d’alors l’appelaient Jean-Sol Partre, comme Boris Vian surnommait le philosophe existentialiste.</p>
</p>
<p> « La condescendance (involontaire mais bien réelle) de Sartre, qui expliquait aux Juifs comment ils devaient être juifs et aux Noirs comment ils devaient être noirs. »</p>
<p>C&rsquo;est un roman visionnaire (2021) quant au débat sur le wokisme, le « décolonialisme » et l' »intersectionnalité ».</p>
<p>D&rsquo;abord, sur la méthode.</p>
<p> « A l&rsquo;idée d&rsquo;être visé par une campagne de shaming, même un homme comme Marc perdait son assurance. »</p>
</p>
<p>_ Sur le fond (le tréfond), une des déclinaisons est l&rsquo;accusation d' »appropriation culturelle »  <sup class="spip-note">[Voir le dossier <a href="https://laicite-republique.org/?cat=1311">&quot;Appropriation culturelle&quot;</a> <em>(note de la rédaction CLR)</em>.]</sup>. On ne peut pas parler à la place des gens, même dans la fiction. Par exemple si on écrit quelque chose sur les Schtroumpfs il faut être un Schtroumpf soi-même.</p>
<p>Mais ne dégoûtons pas ceux qui n&rsquo;ont pas lu ce roman. Ce n&rsquo;est pas un essai théorique mais avant tout un roman. Il y a un côté Houellebecq (est-ce vraiment un argument favorable?).</p>
</p>
<p>Seule réserve, ce qui est irritant dans ce livre ce sont les paresses de style. Par exemple les paragraphes qui n&rsquo;en finissent pas. Le « retour chariot » quand on passe à autre chose, ce n&rsquo;est pas du luxe. Mais peut-être ce choix de ne pas revenir à la ligne est volontaire. Dans ce cas on parlera de snobisme.</p>
<p>{Eric Marquis<br />
}</p>
<p><!-- spip-documents-joints --></p>
<hr class="spip-documents-separator" />
<div class="spip-documents-joints">
<h2>Documents joints</h2>
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<li class="spip-document-item"><a class="spip-document-link" href="/wp-content/uploads/2025/06/voyantdetampes.jpg"><span class="spip-document-thumb-wrap"><img loading="lazy" decoding="async" width="150" height="150" src="https://laicite-republique.org/wp-content/uploads/2025/06/voyantdetampes-150x150.jpg" class="spip-document-thumb" alt="voyantdetampes.jpg" loading="lazy" /></span><span class="spip-document-title">voyantdetampes.jpg</span> <span class="spip-document-mime">image/jpeg</span></a></li>
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		<title>S. Mayol &#8211; Chaque courant de pensée a son extrêmisme (G. Durand)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Apr 2025 20:20:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Notes de lecture]]></category>
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					<description><![CDATA[Note de lecture par Gérard Durand (G. Durand). A propos de Les extrémistes à l’assaut de la République, de Samuel Mayol (L&#8217;Harmattan). [Les échos « Culture » sont publiés à titre informatif et ne reflètent pas nécessairement la position du Comité Laïcité République.] Samuel Mayol, Les extrémistes à l’assaut de la République, éd. L’Harmattan, novembre 2024, 276 [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="spip-surtitre"><strong>Note de lecture</strong></p>
<p class="spip-soustitre"><strong>par Gérard Durand</strong></p>
<div class="spip-descriptif">
<p>(G. Durand). A propos de <em>Les extrémistes à l’assaut de la République</em>, de Samuel Mayol (L&rsquo;Harmattan).</p>
</div>
<div class="spip-chapo">
<p>[Les échos « Culture » sont publiés à titre informatif et ne reflètent pas nécessairement la position du Comité Laïcité République.]</p>
<p><strong>Samuel Mayol, <em>Les extrémistes à l’assaut de la République</em>, éd. <a href="https://www.editions-harmattan.fr/catalogue/livre/les-extremistes-a-l-assaut-de-la-republique/77407?srsltid=AfmBOorSaN19lenfOtEBThP64f0sVkXwFWVK4at6jVEZ4ZMFMiKp_Xcy">L’Harmattan</a>, novembre 2024, 276 p., 28 e.</strong></p>
</div>
<p>La France a connu de très longue date des mouvements extrémistes de toutes sortes et plus particulièrement quand, devenue République, elle a vu s’opposer, souvent de façon violente, des mouvements d’extrême droite souhaitant abolir cette République détestée et rétablir sous diverses formes les régimes du passé. Les Camelots du Roi, l’Action Française, les Croix de Feu et autres Cagoule deviennent des mouvements de masse à partir des années 1930. De l’autre côté du spectre politique le même phénomène se produit sous prétexte de défense et les partis de gauche, communistes, socialistes ou anarchistes ont chacun organisé leur propre milice.</p>
<p>Les extrémistes ont perdu de leur force après la fin de la Seconde guerre mondiale mais ils se réveillent en France lorsque vient la période de décolonisation, le plus célèbre d’entre eux étant l’OAS qui va sévir au moment de la guerre d’Algérie. Ce n’est qu’après quelques années de répit qu’un autre extrémisme va surgir, l’extrémisme musulman qui, à partir de 2010 multiplie meurtres et attentats sur le territoire national.</p>
<p>Mais n’est-il pas l’arbre qui cache la forêt et une sorte d’avant-garde de multiples mouvements qui tous menacent la République ? Samuel Mayol va en faire le thème de ce livre et son constat est inquiétant.</p>
<p>A droite comme à gauche et même chez les laïques, des groupes se forment pour toujours plus d’exigences sécuritaires. Ils influencent les électeurs qui votent de plus en plus pour une extrême droite qui n’a jamais été aussi forte dans notre pays et s’approche du pouvoir. Il y a bien sûr le Front national dont la politique de « dédiabolisation » est un franc succès même si parfois elle a du mal à dissimuler quelques relents fascistes, et il serait naïf de croire que ce Rassemblement dédiabolisé a coupé les ponts avec des mouvements d’ultra droite, comme les identitaires, Troisième voie ou Némésis, ou autres groupes d’ultra droite, sans parler d’intellectuels comme Renaud Camus, inspirateur de la théorie du « Grand remplacement ». Il y a encore les clubs ou centres de réflexion comme le Grece fondé sur l’antisémitisme et le rejet des immigrés.</p>
<p>Puis notre auteur se tourne vers l’extrême gauche, et pour l’essentiel vers La France insoumise (LFI), dont il décrit la contradiction entre les déclarations officielles prônant la démocratie et la gestion interne, jugée autoritaire. De la même façon il souligne les soupçons d’antisémitisme dont ce mouvement fait l’objet.</p>
<p>Plusieurs autres mouvements sont situés à l’extrême gauche, tels le NPA et Lutte Ouvrière. Tous issus du trotskisme et souvent organisés pour une éventuelle clandestinité. Viennent s’y ajouter de petits cercles d’ultra gauche partisans d’actions violentes, tels les « blackblocs ».</p>
<p>Vient ensuite l’extrémisme musulman, longuement détaillé dans ses origines remontant pour certains aspects aux croisades, et qui fait pendant à l’extrémisme chrétien, conquérant et massacreur tant en France avec l’inquisition et la guerre civile contre les protestants. Elle a coûté des morts par centaines de milliers pendant près de trois siècles. Mais comment oublier les massacres de peuples entiers en Amérique du Sud et en Afrique ?</p>
<p>Chaque mouvement, religieux ou non, a ses extrémistes. Le judaïsme n’en est pas exclu avec la Ligue de défense juive et ces partis d’extrême droite qui bien au-delà de la défense d’Israël vont nous plonger dans la situation de guerre actuelle.</p>
<p>Même le mouvement laïque n’en est pas exempt quand certains confondent laïcité et lutte contre les religions et d’autres comme un prétexte de lutte contre l’islam tel le Rassemblement National. Souvenons-nous du livre de Patrick Kessel <em>Ils ont volé la Laïcité</em>.</p>
<p>D’autres types d’extrémisme sont également cités, comme le féminisme radical. Mais il serait vain de confondre ce livre avec une simple énumération. Chaque mouvement, chaque thème y est longuement expliqué dans ses origines et les motifs ayant généré sa création. La conclusion en est évidente : il n’y a pas d’extrémisme neutre, chacun, même très minoritaire doit être surveillé et parfois combattu.</p>
<p>Merci à Samuel Mayol pour ce bilan très documenté et éclairant, à lire absolument.</p>
<p><em>Gérard Durand</em></p>
<p><!-- spip-documents-joints --></p>
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<h2>Documents joints</h2>
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<li class="spip-document-item"><a class="spip-document-link" href="/wp-content/uploads/2025/04/mayolextremistes-2.jpg"><span class="spip-document-thumb-wrap"><img loading="lazy" decoding="async" width="150" height="150" src="https://laicite-republique.org/wp-content/uploads/2025/04/mayolextremistes-2-150x150.jpg" class="spip-document-thumb" alt="mayolextremistes-2.jpg" loading="lazy" /></span><span class="spip-document-title">mayolextremistes-2.jpg</span> <span class="spip-document-mime">image/jpeg</span></a></li>
</ul>
</div>
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			</item>
		<item>
		<title>Patrick Besson &#8211; Drôle de thriller (Th. Martin)</title>
		<link>https://laicite-republique.org/patrick-besson-drole-de-thriller-th-martin/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Mar 2025 10:18:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Notes de lecture]]></category>
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					<description><![CDATA[Note de lecture par Thierry Martin (Th. Martin). A propos de Presque tout Corneille, de Patrick Besson (Stock). [Les échos « Culture » sont publiés à titre informatif et ne reflètent pas nécessairement la position du Comité Laïcité République.] Patrick Besson n’a plus rien à prouver, alors il s’amuse avec cette tragi-comédie, Presque tout Corneille. Patrick Besson, [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="spip-surtitre"><strong>Note de lecture</strong></p>
<p class="spip-soustitre"><strong>par Thierry Martin</strong></p>
<div class="spip-descriptif">
<p>(Th. Martin). A propos de <em>Presque tout Corneille</em>, de Patrick Besson (Stock).</p>
</div>
<div class="spip-chapo">
<p>[Les échos « Culture » sont publiés à titre informatif et ne reflètent pas nécessairement la position du Comité Laïcité République.]</p>
<p>Patrick Besson n’a plus rien à prouver, alors il s’amuse avec cette tragi-comédie, <em>Presque tout Corneille</em>.</p>
</div>
<p><strong>Patrick Besson, <em>Presque tout Corneille</em>, <a href="https://www.editions-stock.fr/livre/presque-tout-corneille-9782234097902/">éd. Stock</a>, janvier 2025, 112 pages, 17,50 €.</strong></p>
<p>« Dans les transats, l’unique femme dont les lunettes ne sont pas noires. On voit donc ses yeux bleus mais il faut s’approcher. Elle lit un livre. Elle a entre seize et trente-quatre ans. Les gens qui lisent n’ont pas d’âge. » <br />
C’est au début de ce paragraphe page 18 que j’ai commencé à être pris par ce récit fait de petits paragraphes issus bruts de décoffrage du carnet de notes de Georges, le narrateur, qui précise à la deuxième page « J’écris ceci dans ma cellule de prison. »</p>
<p>Peu écrit comme une aquarelle qui laisse apparaitre le blanc du papier Canson, le texte respire. En revanche on retrouve l’habituel phrasé bessonien et son florilège de mots d’esprit comme autant de pépites que l’on découvre au fil des pages. « La phrase dont j’ai le plus horreur : « Je plaisantais. » La plupart du temps, les gens qui la disent ne plaisantaient pas. »</p>
<p>&#8211; « Quel âge avez-vous, Lisa ?<br />
 &#8211; L’âge des personnages de Corneille n’est pas indiqué.<br />
 &#8211; Vous n’êtes pas un personnage de Corneille.<br />
 &#8211; Quel âge me donnez-vous ?<br />
 &#8211; Soixante ans, vu vos lectures. Vingt, si j’en crois votre silhouette. Douze, selon votre bouche et vos yeux.<br />
 &#8211; Je suis majeure, c’est tout ce que je peux vous dire. »</p>
<p>On sent dans cette dernière réplique que #metoo et surtout la jurisprudence Gabriel Matzneff sont passés par là. Patrick Besson, confrère de Matzneff au <em>Point</em>, l’un y écrivant encore aujourd’hui une chronique spirituelle, l’autre autour de la spiritualité, avant pour le second d’arrêter en décembre 2019 suite à la parution du roman de son ancienne maitresse et dénonciatrice, et de la cabale qui s’en est ensuivie.</p>
<p>Presque tout Corneille rappelle <em>Nice-Ville</em> par sa forme faite de prises de notes en guise de paragraphe comme autant de chapitres, à la différence qu’ici il y a une intrigue qui apparait en filigrane. L’atmosphère et le style rappelle <em>Cap Kalafatis</em>, mais au lieu de l’île de Mykonos, nous devinons que ce huis clos tragi-comique qui se déroule à l’hôtel balnéaire Aiglon se situe sur une autre île, la Corse. L’un faisait 128 pages, ici il fait 111 pages écrites entre le 11 aout 2023 et le 9 janvier 2024. Le narrateur est accompagné de sa femme Colomba, et des deux fils de celle-ci. Un prénom qui rappelle Prosper Mérimée, lui-même connu pour son esthétique du peu, caractérisée par sa rapidité, et l’absence de développements qui crée une narration efficace.</p>
<p>De Pierre Corneille on connait <em>Le Cid</em>, « Car aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années, » tragi-comédie dont la première représentation eut lieu le 7 janvier 1637 au théâtre du Marais à Paris, qui n’est pas cité dans le roman.</p>
<p>Patrick publia son premier roman en 1974, à l’âge de dix-sept ans, <em>Les Petits Maux d’amour</em>, qui donnera envie à Éric Neuhoff, qui deviendra son meilleur ami, de devenir écrivain. Ils ne se rencontreront qu’après le quatrième livre du jeune néo-hussard <em>Lettre à un ami perdu</em> que Neuhoff chroniquera dans <em>Le Quotidien de Paris</em> en 1980. Un titre qu’il aurait bien aimé donner à son dernier roman, <em>Penthotal</em> (2025). Sans doute les écrivains les plus doués de leur génération.</p>
<p>Patrick Besson a vite été un grand frère modèle pour moi, la politique et la littérature étaient aussi mes passions, mais du fin fond de ma province. Il s’en prenait aux écrivains bien en cour, à la mitterrandie. En revanche même si très jeune j’ai toujours écrit, bulletin locaux, samizdat, manuscrits accumulés, ce n’est que bien plus tard que je commencerai à les publier en bonne et due forme.</p>
<p>Georges Charpy écrit dans son journal : « Lisa prend place sur un transat voisin du nôtre. J’ai longtemps pensé qu’on devait disposer d’une seconde vie pour avoir le temps de comprendre l’intrigue de Clitandre (1632). » C’est là qu’on prend son téléphone pour taper Clitandre dans Google.</p>
<p>En fin d’après-midi, son ennemi et désormais rival fait quelques longueurs, puis les rejoint, Lisa qui est la fille du directeur de l’hôtel et lui.<br />
 &#8211; « Toujours Corneille ?</p>
<p>La jeune fille lève les yeux de La Place Royale (1637). Elle n’a pas de répartie, à l’instar de Corneille. Mais ne bégaie pas. Rebaisse les yeux en silence.</p>
<p>&#8211; Vous nagez de temps en temps ? insiste mon ennemi.<br />
 &#8211; Jamais, dit-elle. »</p>
<p>Pour le film, je verrais bien Lola Le Lann, tellement confondante dans <em>Un moment d’égarement</em>, il faudrait juste qu’elle porte des lentilles bleues.</p>
<p>« Lisa partie lire Corneille à la plage : trop de monde dans le lobby et la piscine. Elle commence <em>Pompée</em> (1644). Elle m’envoie un sms : « la source de ma haine est trop inépuisable » (V,4) Ce n’est pas prudent : et si la police tombait sur cette phrase ? »</p>
<p>Il faut dire que depuis la page 29 « le commissaire Bourbeillon [qui] n’est pas Maigret : silhouette mince, pompes de sport bicolore, cigarette électronique. Physique odieusement macronien » mène l’enquête. Le narrateur est le principal suspect en tant que premier témoin, c’est lui qui a découvert le corps de son ennemi décapité. Son ancien supérieur dans le journal qui l’avait viré il y a six ans.<br />
 &#8211; « Vous vous êtes vengé ?<br />
 &#8211; Oui : je l’ai battu au ping-pong.<br />
 &#8211; Ceci est un interrogatoire, monsieur Charpy, pas un sketch de Gad Elmaleh.<br />
 &#8211; Je l’ai aussi battu aux échecs. Ainsi qu’à la natation. Et au tennis. Je l’ai battu sur tous les domaines.</p>
<p>Je passe Lisa sous silence : gentleman.</p>
<p>&#8211; Et vous l’avez tué.<br />
 &#8211; Non. Un mort oublie les humiliations. Ce n’était pas mon but. Mon but était qu’il ne les oublie pas. Je voulais qu’il se sente humilié par moi jusqu’à la fin de ses jours mais elle est arrivée trop tôt à mon goût et sans doute aussi au sien. »</p>
<p>« Lisa me manque. Est-elle en train de dormir ou de lire <em>Le Menteur</em> (1644) ? On l’entendrait rire car c’est une pièce drôle (…) »</p>
<p>Plus loin alors que Vincenzo sorti de prison, cousin de sa femme Colomba, est devenu l’amant de Lisa.<br />
 &#8211; « La différence d’âge.<br />
 &#8211; Ne compte pas pour une fille amoureuse d’un auteur né en 1606.</p>
<p>Comment Vincenzo connaît-il la date de naissance de Corneille ? »</p>
<p>Marguerite Sanderpol veuve de la victime, et leur deux filles, est enfin arrivé à l’hôtel Aiglon avec les papiers du divorce, mais trop tard. Passe aussi un bûcheron Canadien avec un accent à couper à la hache, amant de Marguerite dont elle s’est lassée, son accent était fatigant. Tous sont assignés à résidence. C’est alors qu’un second meurtre se produit. Étêté.<br />
De son côté Patrick Besson est taraudé par une seul question. Qui sera la jeune fille qui le lira en 2425 ? J’en mets ma tête à couper.</p>
<hr>
<div class="spip-ps">
<p>{Thierry Martin, <br />
_ auteur notamment de<br />
_ }Célébrités, Les causes des people, Ce que des personnalités nous disent de l’époque, chroniques{, Collection Témoignage,<br />
_ }Pourquoi il faut prendre aux pauvres pour donner aux riches, aphorismes<em>, Collection L’Esprit hussard</em><br />
_ }L’Américaine, roman tragi-comique<em>, Collection L’Esprit hussard</em>,<br />
Imprimerie Amazon.</p>
</div>
<p><!-- spip-documents-joints --></p>
<hr class="spip-documents-separator" />
<div class="spip-documents-joints">
<h2>Documents joints</h2>
<ul class="spip-documents-list">
<li class="spip-document-item"><a class="spip-document-link" href="/wp-content/uploads/2025/03/bessoncorneille.jpg"><span class="spip-document-thumb-wrap"><img loading="lazy" decoding="async" width="150" height="150" src="https://laicite-republique.org/wp-content/uploads/2025/03/bessoncorneille-150x150.jpg" class="spip-document-thumb" alt="bessoncorneille.jpg" loading="lazy" /></span><span class="spip-document-title">bessoncorneille.jpg</span> <span class="spip-document-mime">image/jpeg</span></a></li>
</ul>
</div>
<p><!-- /spip-documents-joints --></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Pas de village catho à L&#8217;Île-Bouchard ! (E. Marquis)</title>
		<link>https://laicite-republique.org/pas-de-village-catho-a-lile-bouchard-e-marquis/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 15 Mar 2025 14:09:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Notes de lecture]]></category>
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					<description><![CDATA[Note de lecture par Eric Marquis (E. Marquis). A propos de Un lotissement « chrétien » à L&#8217;Île-Bouchard, de Didier Vanhoutte (dir.) (L&#039;Harmattan, coll. Débats laïques). [Les échos « Culture » sont publiés à titre informatif et ne reflètent pas nécessairement la position du Comité Laïcité République.] Didier Vanhoutte (dir.), Un lotissement « chrétien » à L&#8217;Île-Bouchard. Avant cent autres ? Préface d&#8217;Eddy [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="spip-surtitre"><strong>Note de lecture</strong></p>
<p class="spip-soustitre"><strong>par Eric Marquis</strong></p>
<div class="spip-descriptif">
<p>(E. Marquis). A propos de <em>Un lotissement « chrétien » à L&rsquo;Île-Bouchard</em>, de Didier Vanhoutte (dir.) (<a href="https://www.editions-harmattan.fr/catalogue/livre/un-lotissement-chretien-a-lile-bouchard/75927">L&#039;Harmattan</a>, coll. Débats laïques).</p>
</div>
<div class="spip-chapo">
<p>[Les échos « Culture » sont publiés à titre informatif et ne reflètent pas nécessairement la position du Comité Laïcité République.]</p>
<p><strong>Didier Vanhoutte (dir.), <em>Un lotissement « chrétien » à L&rsquo;Île-Bouchard. Avant cent autres ?</em> Préface d&rsquo;Eddy Khaldi, éd. L&rsquo;Harmattan, coll. Débats laïques, 20 juin 2024, 150 p., 17 €.</strong></p>
</div>
<p>« L&rsquo;ÎIe-Bouchard, un village catholique est prêt à sortir de terre. »  En janvier 2022, le quotidien régional <em>La Nouvelle République</em> révèle que, dans la petite commune rurale de L&rsquo;ÎIe-Bouchard (Indre-et-Loire), la communauté catholique de L&rsquo;Emmanuel <sup class="spip-note">[Reconnue en 1992 par le Vatican comme organisation « de droit pontifical », c&rsquo;est-à-dire dépendant directement du Saint-Siège : « Même les évêques français ne peuvent rien lui prescrire ».]</sup> va édifier, via une société immobilière, Monasphère (sic), un « lotissement chrétien » hameau réservé aux catholiques.</p>
<p>A travers ce « ghetto » chrétien initié par L&rsquo;Emmanuel, le « communautarisme invalide les principes fondateurs de la République », résume dans la préface Eddy Khaldi, président de la Fédération nationale des Délégués départementaux de l’Education nationale (DDEN). « Dans ce paradoxe de l&rsquo;immobilier séparatiste, la ville entérine un néo-concordat. »</p>
<p>La municipalité s&rsquo;est bien gardée d&rsquo;informer ses administrés. « Pas plus la maire que le président du Conseil communautaire n&rsquo;ont reconnu avoir été choqués par la volonté des promoteurs de réserver les futures constructions à des familles chrétiennes. »</p>
<p>Voilà de nombreuses années que L&rsquo;Emmanuel s&rsquo;est implantée ici, à tel point qu&rsquo;elle compte quelques sympathisants jusqu&rsquo;au conseil municipal&#8230; Pourquoi L&rsquo;ÎIe-Bouchard ? Parce que la rumeur veut qu&rsquo;en 1947 la « Vierge » y soit apparue à quatre fillettes.</p>
<p>Dans ce vingtième titre de la collection « Débats laïques » animée par Gérard Delfau <sup class="spip-note">[Voir <a href="https://laicite-republique.org/?p=12938">Débats laïques, la première collection de livres sur la laïcité</a> <em>(note de la rédaction CLR)</em>.]</sup>, les citoyens qui se sont mobilisés, créant le « Collectif bouchardais » et l&rsquo; « Association laïque bouchardaise », allant à la rencontre des élus et communiquant en direction des médias, retracent les différentes étapes de cette bataille, finalement victorieuse.</p>
<p>Un succès « d&rsquo;un goût amer car le permis de construire déposé par ses promoteurs avait été retoqué pour des raisons de non-conformité technique et non pas, comme nous l&rsquo;aurions souhaité, parce qu&rsquo;il contrevenait aux valeurs de notre République ».</p>
<p><em>Eric Marquis</em></p>
<hr>
<div class="spip-ps">
<p>Voir aussi dans la Revue de presse le dossier <a href="https://laicite-republique.org/?cat=1404">Un village catho à L&#039;Île-Bouchard</a> dans <a href="https://laicite-republique.org/?cat=1350">Catholiques traditionalistes</a>, dans les Initiatives proches <a href="https://laicite-republique.org/?p=15861">Cedec « Que dirait-on si un village «musulman» se créait quelque part en France ? Un «village» par  essence  catholique  n’a  pas  plus  de  raison  d’exister » (Cedec, 15 jan. 22)</a></p>
<p>Ce texte est paru, dans une version plus courte, dans <a href="https://laicite-republique.org/?cat=1501"><em>Humanisme</em></a> n°346, février 2025 <em>(note du CLR)</em>.</p>
</div>
<p><!-- spip-documents-joints --></p>
<hr class="spip-documents-separator" />
<div class="spip-documents-joints">
<h2>Documents joints</h2>
<ul class="spip-documents-list">
<li class="spip-document-item"><a class="spip-document-link" href="/wp-content/uploads/2025/03/bouchard-2.jpg"><span class="spip-document-thumb-wrap"><img loading="lazy" decoding="async" width="150" height="150" src="https://laicite-republique.org/wp-content/uploads/2025/03/bouchard-2-150x150.jpg" class="spip-document-thumb" alt="bouchard-2.jpg" loading="lazy" /></span><span class="spip-document-title">bouchard-2.jpg</span> <span class="spip-document-mime">image/jpeg</span></a></li>
</ul>
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		<title>G. Bensoussan &#8211; Juifs et Arabes entre la Mer et le Fleuve avant 1950 (M. Seelig)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Nov 2024 22:45:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Notes de lecture]]></category>
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					<description><![CDATA[Note de lecture par Michel Seelig, universitaire, historien, membre du Conseil d’administration du CLR. (M. Seelig). A propos de Les Origines du conflit israélo-arabe (1870-1950), de Georges Bensoussan (Que sais-je ?). [Les échos « Culture » sont publiés à titre informatif et ne reflètent pas nécessairement la position du Comité Laïcité République.] Georges Bensoussan, Les Origines du [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="spip-surtitre"><strong>Note de lecture</strong></p>
<p class="spip-soustitre"><strong>par Michel Seelig, universitaire, historien, membre du Conseil d’administration du CLR. </strong></p>
<div class="spip-descriptif">
<p>(M. Seelig). A propos de <em>Les Origines du conflit israélo-arabe (1870-1950)</em>, de Georges Bensoussan (Que sais-je ?).</p>
</div>
<div class="spip-chapo">
<p>[Les échos « Culture » sont publiés à titre informatif et ne reflètent pas nécessairement la position du Comité Laïcité République.]</p>
<p><strong>Georges Bensoussan, <em>Les Origines du conflit israélo-arabe (1870-1950)</em>, <a href="https://www.quesaisje.com/les-origines-du-conflit-israelo-arabe-1870-1950?v=2341">éd. Que sais-je ?</a>, 10 jan. 2023, 128 p., 10 €.</strong></p>
</div>
<p>Je croyais connaître l’essentiel de cette histoire… Le petit ouvrage (120 pages, collection Que sais-je ?) de Georges Bensoussan, paru en juillet dernier m’a fait découvrir mes lacunes !</p>
<p>Appréciation générale</p>
<p>Sur la forme : on a malheureusement l’impression de copiés-collés : des redites, des ruptures chronologiques…<br />
Sur le fond : une masse d’informations (y compris bibliographiques). Et puis, l’auteur (même si nous savons qu’il n’est pas tout-à-fait neutre) ne prend pas outrageusement parti, tous les protagonistes voient leur responsabilité dans la naissance puis la perpétuation du conflit :<br />
-* L’Angleterre qui applique au départ la fameuse déclaration Balfour, puis qui joue un jeu ambigu, avec comme ligne constante une « politique arabe » destinée à protéger les intérêts britanniques (canal de Suez, pétrole…)<br />
-* Les États arabes, créés après l’effondrement turc, qui jouent exclusivement leur jeu personnel sans prise en compte réel de l’intérêt des Arabes de « Palestine » et refusent l’arrivée de « réfugiés » sur leur sol.<br />
-* Les Arabes de « Palestine » qui refusent dès le départ le principe même d’un État juif et n’accepteraient, au mieux, qu’une minorité juive dans un État arabe. De plus, jusqu’à une date récente, la société a une forme clanique, autour de grands propriétaires… Le sentiment national « palestinien » est une donnée très récente<br />
-* Les Sionistes qui ne peuvent envisager qu’un État juif, plus ou moins homogène. Le rôle de la Diaspora…<br />
-* Tous les protagonistes coupables de massacres <br />
-* Les acteurs extérieurs : L’Allemagne nazie et l’Italie fasciste qui soutiennent la partie arabe, l’URSS acteur essentiel de la création de l’État juif, les atermoiements de la Société des Nations puis de l’ONU…</p>
<p>Ce qui manque : un tableau chronologique clair (la taille limitée de l’ouvrage peut l’expliquer).<br />
Je me suis lancé dans cet exercice. <br />
Je vous propose cet essai ci-dessous.</p>
<p>IVe siècle avant notre ère : Hérodote invente le terme Palestina (des Philistins)<br />
138 l’empereur Hadrien rebaptise la Judée Palaestina (Jérusalem Aelia Capitolina) <br />
Pour les Juifs de la Diaspora « Eretz Israël »<br />
Pour l’Occident chrétien « Terre sainte »</p>
</p>
<p>Au XIXe siècle c’est la « Syrie du Sud » au sein de l’Empire ottoman</p>
<p>XVIIIe et XIXe siècles, nombreux massacres de Juifs (dès qu’une « crise » survient).</p>
<p>De 1839 à 1856, abolition progressive de la Dhima (statut discriminatoire des non musulmans)</p>
<p>En 1881 dans l’espace entre Mer Méditerranée et Jourdain, Liban et Mer Rouge, environ 470 000 habitants dont 25 000 Juifs.</p>
<p>Entre 1881 et 1914 (deux premières alyas), arrivée d’environ 70 000 Juifs qui créent 53 implantations agricoles.</p>
<p>1891 : première protestation des notables arabes de Jérusalem contre l’arrivée d’immigrants juifs et la cession de terres à des acheteurs juifs. Création de sociétés antisionistes. <br />
La société arabe à structure traditionnelle (une douzaine de grandes familles) choquée par les immigrés récents qui ne correspondent pas à ceux qu’ils connaissent depuis longtemps.<br />
Dans le milieux urbain, réveil culturel arabe (Nahda), naissance d’une presse palestinienne et d’une conscience nationale avec rejet du sionisme.<br />
À partir de 1908 le mouvement Jeunes Turcs au pouvoir. Processus de « turquification » de l’Empire. En réaction, développement d’un nationalisme arabe.</p>
<p>1897 : premier congrès sioniste.<br />
Fin du XIXe siècle : l’hébreux redevient progressivement une langue d’enseignement et langue maternelle… expression de la transformation de la vieille communauté juive en « minorité nationale »…</p>
<p>1914 : la Turquie s’allie à l’Allemagne et l’Autriche et promeut un « djihad général des musulmans ».<br />
Les Alliés, Français et Anglais, soutiennent le nationalisme arabe contre la Turquie : mise en avant du chérif de la Mecque, Hussein qui veut prendre la tête d’un califat arabe.<br />
1916, « grande révolte arabe » contre la Turquie.<br />
1916 accords (secrets) franco-anglais (dit Sykes-Picot du nom des négociateurs) : pour un statut international de la Palestine.<br />
1917-1918, les troupes anglaises occupent la Palestine (sans la France).<br />
1917, déclaration Balfour (ministre des Affaires étrangères anglais) favorable à « l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif » <br />
1919, Congrès national arabe rejette le projet de création d’une « république sioniste en Syrie du Sud connue sous le nom de Palestine » et réclament l’attachement de la Palestine à la Syrie.<br />
1920, la Société des Nations accorde un mandat à la France pour la Syrie et le Liban, à la Grande Bretagne pour l’Irak et la Palestine. La conférence de San Remo valide la déclaration Balfour. La France occupe la Syrie.<br />
1920, émeute musulmane à Jérusalem (« Égorgez les Juifs ! »), puis dans de nombreuses villes. <br />
1921, l’Angleterre sépare la Transjordanie (à l’est du Jourdain) de la Palestine et confie ce royaume à Abdallah Ier qui fonde ainsi la dynastie Hachémite)<br />
1921, création de l’Agence juive, premier pouvoir exécutif, gouvernement officieux, du Foyer national juif.<br />
1922, La Société des Nations reconnaît « les liens historiques du peuple juif avec la Palestine et des raisons de la reconstitution de son foyer national en ce pays ». Grève générale lancée par le Congrès arabe. Position britannique ambiguë, pour calmer l’opposition arabe, suspension de l’émigration juive… (jusqu’en 1948, à chaque moment de tension ou de révolte arabe, ce sera la même attitude et la même mesure adoptée par le mandataire anglais). <br />
Amin Al Husseini devient mufti de Jérusalem, avec l’appui des Anglais, puis directeur du Conseil supérieur musulman.<br />
Mais conjointement, Churchill secrétaire d’État aux colonies publie un Livre blanc qui réaffirme le soutien à l’existence du Foyer national juif… <br />
L’opposition au sionisme seul ciment d’une société palestinienne déchirée par les querelles de clan, les oppositions entre « le littoral et les collines », les villes et les campagnes, paysans pauvres et propriétaire terriens, musulmans et chrétiens…<br />
Au cours des années 1920, une « fragile confiance s’établit entre Juifs et Arabes ».<br />
1924, la Turquie de Mustapha Kemal décide d’abolir le Califat.<br />
1929 Le mufti tente d’amener le conflit sur le terrain religieux. Un incident autour de l’esplanade des mosquées déclenche une nouvelle série d’émeutes, à Jérusalem puis dans toute la Palestine. Une violence d’une rare intensité qui touche hommes, femmes, enfants, vieillards au cri d’« Egorgeons les Juifs »… De nombreux Arabes sont abattus également… par la police anglaise… Les autorités anglaises procèdent à de nombreuses exécutions de condamnés à mort… <br />
Début des années 1930, une politique anglaise en constantes contradictions… L’Angleterre refuse aux Arabes de leur accorder une autonomie, des voix s’élèvent pour remettre en cause la Déclaration Balfour… Une proposition de transfert des Arabes en Transjordanie… Nouveau Livre blanc qui s’oppose à l’arrivée de nouveaux immigrants… Ce document très vite annulé.<br />
Insatisfaction générale… Radicalisations… Manifestations, grèves, émeutes se succèdent.<br />
Le port de Haïfa débouché du pipeline venant d’Irak devient le pivot du système militaire anglais.<br />
L’arrivée au pouvoir des nazis en Allemagne fait bondir l’immigration… Les achats de terre aux Arabes se multiplient… Développement de Tel Aviv. La pratique de l’hébreu se généralise.<br />
Une partition de fait se réalise progressivement : les zones « mixtes » deviennent de plus en plus homogènes…<br />
1936, grand soulèvement arabe, violence contre les Juifs, attentats dans les villes, guérilla rurale, grève générale, boycott des produits anglais et juifs.<br />
Un soulèvement soutenu par des volontaires venus des États arabes et aussi l’Italie et l’Allemagne qui fournissent argent et matériel.<br />
Toutes les tentatives de médiation échouent. <br />
L’Agence juive refuse la proposition d’un « foyer juif » sans souveraineté politique en Transjordanie.<br />
Le Haut Comité arabe hostile à tout foyer juif en Palestine : « Une fois que les Anglais auront retiré leurs mains de ce pays, nous nous précipiterons pour jeter tous les Juifs dans la mer » !<br />
Répression par les troupes anglaises …</p>
</p>
<p>Lord Peel est chargé d’étudier la possibilité d’une sortie de crise.</p>
<p>1937 : le plan Peel.</p>
<p>Il évoque « un conflit insoluble dans le cadre d’un seul État… entre deux communautés nationales dont les aspirations sont incompatibles à l’intérieur d’un petit pays… ».</p>
<p>Proposition de partition : 17 % pour les Juifs (pour 30 % de la population) et 83 % pour les Arabes dont le territoire serait unifié à la Transjordanie.<br />
Des transferts de population et un niveau maximal de population compléteraient le dispositif.</p>
<p>Opposition au départ de TOUS les protagonistes, mais le Congrès sioniste entérine finalement « la moins mauvaise des solutions ».</p>
<p>Refus total arabe, reprise de la rébellion et de sa répression… Loi martiale, condamnations à mort….</p>
<p>Mais à Londres nécessité de préserver l’alliance arabe, notamment avec la Transjordanie.</p>
<p>1937, Le Grand Mufti (réfugié au Liban) demande officiellement le soutien du Reich allemand qui accorde des subsides et la mise en place d’un émetteur radio ondes courtes à Berlin pour diffuser les positions arabes.<br />
1938-1939, nouvelle commission présidée par Sir Woodhead et nouveau rapport…<br />
Conférence de Londres où la délégation arabe refuse de siéger au côté des Juifs.<br />
La délégation juive (menée par David Ben Gourion) réclame la liberté d’immigration (vu l’évolution de la situation en Allemagne et en Europe) et refuse une indépendance de la Palestine qui serait, de fait, dominée par les Arabes… Échec de la conférence.<br />
Un nouveau Livre blanc anglais prévoit cependant l’indépendance après une période de transition et la limitation de l’immigration… Les Juifs crient à la trahison !<br />
À la surprise générale, le document est aussi rejeté par les Arabes.<br />
Il est dénoncé aussi par la Société des Nations car « incompatible avec les termes du mandat de 1922 » …<br />
Les affrontements redoublent de violence en Palestine, notamment avec une véritable guerre civile entre partisans arabes au soulèvement et partisans de la paix (« un plus grand nombre d’Arabes trouva la mort par des armes arabes que par celles des britanniques et des juifs »…<br />
Début, sur le terrain, d’une coopération militaire entre Juifs et Anglais qui se poursuivra durant la guerre (en 1941 une Brigade juive palestinienne sous uniforme anglais).<br />
1940, déclaration italo-allemande qui reconnaît « le droit des pays arabes de résoudre la question des éléments juifs en Palestine et dans les pays arabes d’une façon conforme aux intérêts nationaux et ethniques des Arabes et à la solution de la question juive en Allemagne et en Italie » ! Le grand Mufti de Jérusalem se réfugie en Allemagne.<br />
1941, Anglais et Gaullistes battent les troupes françaises de Vichy en Syrie. Les Anglais occupent Irak, Syrie et Liban.<br />
1942, Les troupes allemandes de Rommel repoussées jusqu’en Tunisie.<br />
1944, fondation à Alexandrie de la Ligue arabe.<br />
1945, l’Angleterre interdit toute immigration juive en Palestine Développement de l’immigration clandestine… Affaire de l’Exodus (en 1947)<br />
La Ligue arabe appelle au boycott des produits de la Palestine juive.<br />
L’émir Abdallah (dirigeant de Transjordanie) se déclare favorable à un partage entre les Juifs et… son royaume ! Il négocie en secret avec l’Agence juive (Golda Méir) puis se range officiellement à l’avis de la Ligue arabe.<br />
1946, Nouvelle tentative de conférence. Les États arabes demandent que dans le futur État palestinien seuls soient reconnus les Juifs arrivés avant 1922.<br />
Les attentats contre les Anglais par l’Irgoun (organisation armée de la droite sioniste en Palestine mandataire,) reprennent (il y en avait déjà eu avant 1940). <br />
À la demande des Anglais, le dossier soumis à l’Assemblée générale de l’ONU, échec des débats.<br />
1947, les affrontements entre Arabes et Juifs recommencent. <br />
Londres envoie plus de 100 000 hommes pour maintenir l’ordre.<br />
Le Premier ministre travailliste Bevin annonce unilatéralement la fin du mandat pour 1948. Il assure la Transjordanie de son soutien, accorde une aide importante à la Légion arabe commandée par l’anglais John Bagot Glubb (surnommé Glubb Pacha)… qui devrait occuper et défendre le Néguev et le futur Etat arabe de Palestine après le départ des troupes anglaises…</p>
<p>L’ONU crée l’UNSCOP (Comité spécial des NU en Palestine) chargé de traiter la question des 400 000 réfugiés juifs européens dans les camps « de personnes déplacées » (au moment de l’affaire de l’Exodus). Proposition de partage complexe en 7 zones… sans lendemain.</p>
<p>Le nationalisme juif ne trouve alors un appui décisif que du côté de Moscou (pour l’URSS affaiblir la position anglaise, trouver un point d’appui en Méditerranée, alors qu’une partie du mouvement sioniste est aligné sur Moscou). Mai 1947, discours d’Andreï Gromyko à l’ONU soutient fortement la création d’un état juif…<br />
Les dirigeants américains partagés (le soutien soviétique / le poids de la Diaspora aux États-Unis / la crainte d’indisposer l’Arabie saoudite…). Le général Marshall affirme qu’un État juif serait « contraire à l’intérêt national américain et à ses intérêts stratégiques immédiats ».</p>
<p>Le 29 novembre 1947, l’Assemblée générale de l’ONU vote (33 pour, 13 contre et 10 abstentions) en faveur du partage entre deux États, avec une zone internationale autour de Jérusalem. La Palestine compte alors 1 908 000 habitants dont 608 000 Juifs qui obtiennent 56,47 % du territoire (cette partie rassemblant alors environ 500 000 Juifs et 325 000 Arabes).</p>
</p>
<p>L’État juif et l’État arabe sont, tous deux divisés en trois tronçons.</p>
<p>Dès le lendemain du vote, la violence se déchaîne en Palestine.<br />
Une partie des élites arabes fuient immédiatement.<br />
Positions contradictoires de la Ligue arabe qui dans un premier temps demande à ses membres d’« ouvrir leurs portes » pour accueillir la population arabe appelée à quitter le pays pour pouvoir mieux combattre les Juifs.<br />
Dans un second temps l’ordre contraire est donné, de refouler les réfugié…</p>
<p>Les combats s’apparentent à une guérilla, attaque de villages, attentats, blocage des routes.</p>
<p>Les États-Unis puis l’ONU décident l’embargo sur les armes. Les Juifs sont alors approvisionnés par l’URSS via la Tchécoslovaquie…<br />
Les Anglais durant ce temps évacuent leurs troupes, poursuivent leurs livraisons aux pays arabes et continuent de bloquer l’immigration juive…</p>
<p>1948, en difficulté, les Juifs lancent une vaste offensive en avril, quelques semaines avant le retrait total des Anglais (qui pourrait voir les armées des pays arabes intervenir directement).<br />
Cette offensive s’accompagne de la destruction des villages arabes « hostiles » et l’expulsion de leurs habitants (pour éviter la formation d’une « cinquième colonne » en arrière des lignes). <br />
Jérusalem est désenclavée. <br />
La société palestinienne s’effondre en quelques semaines et connaît une succession de revers.<br />
La ville de Haïfa est presque entièrement évacuée. Jaffa (en territoire attribué aux Arabes) est encerclée, la population s’enfuie en masse, la ville capitule la veille du départ des Anglais.</p>
<p>Les Juifs capturés par les Palestiniens sont presque systématiquement exécutés, civils inclus.<br />
L’armée juive, faute notamment de structure d’internement, exécute, elle aussi, des prisonniers avant de créer un camp de détention.<br />
Des massacres sont commis par certaines unités juives (village de Deir Yassin, le convoi de l’hôpital Hadassah).<br />
L’effroi gagne toute la population arabe, mais aussi une partie de la population juive, qui quitte les zones les plus dangereuses.<br />
En 22 mois (décembre 1947-septembre 1949) 600 à 750 000 personnes, plus de la moitié de la population arabe, deviennent des réfugiés.</p>
<p>L’attitude des États arabes est ambiguë, en tout cas ils n’accueillent pratiquement pas de réfugiés.<br />
Avant juillet 1948, il n’y a pas de plan d’expulsion systématique mené par les Juifs, l’expulsion devient cependant presque la norme après cette date.<br />
Les réfugiés pour les deux tiers demeurent cependant, bien que déplacés, sur le territoire de la Palestine, les autres au Liban, en Syrie, en Transjordanie et, très peu, en Égypte.</p>
<p>De mai 1948 à avril 1949, la guerre se généralise.<br />
Le 14 mai 1948 Ben Gourion proclame l’indépendance d’Israël (reconnue de facto par les États-Unis et de jure par l’URSS, presque tout premier État à établir des relations diplomatiques)<br />
A priori, les forces des États arabes sont largement supérieures à celle d’Israël.<br />
Ils mènent l’offensive en mai-juin 1948, ou plutôt des offensives non coordonnées : colonnes égyptiennes, des Frères musulmans, libanaises, syriennes, irakiennes. La Légion arabe jordanienne qui devait appuyer ces diverses forces se concentre sur Jérusalem…</p>
</p>
<p>Après une trêve, les combats reprennent, c’est la Guerre des dix jours.<br />
Partout les forces arabes piétinent ou reculent.<br />
Des offensives israéliennes dans le Néguev et en Galilée jettent sur les routes de nouveaux réfugiés.<br />
Alors qu’en trois ans (1948/1951) l’État d’Israël intègre près de 700 000 Juifs dont la moitié originaire du monde arabo-musulman qui se vide pratiquement de sa population juive, parfois présente avant même la conquête arabe.</p>
<p>Les tentatives de médiation onusiennes échouent (assassinat du médiateur Bernadotte à Jérusalem).<br />
Un accord semble impossible : absence de toute confiance entre les adversaires, refus israélien du retour des réfugiés et de retrait des zones occupées…<br />
Des armistices sont alors conclus. Avec la Jordanie (avec un compromis sur le contrôle de Jérusalem par l’État hachémite). Avec l’Égypte (avec l’occupation égyptienne de la Bande de Gaza. Plus tardivement avec le Liban et la Syrie.<br />
En décembre 1948, une conférence à Lausanne (sans les Palestiniens dont la Jordanie refuse la présence) voit une négociation indirecte (pas de rencontre directe Juifs/Arabes). Elle entérine le refus de l’Égypte de se retirer de Gaza et le refus des États arabes sauf la Jordanie d’intégrer les réfugiés…</p>
<p>Le conflit se fige pour quelques années…</p>
<p><em>Michel Seelig</em></p>
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<h2>Documents joints</h2>
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