Revue de presse

"Francesca Albanese : rapporteuse très spéciale" (Franc-tireur, 22 mai 24)

12 février 2026

[Les éléments de la Revue de presse sont sélectionnés à titre informatif et ne reflètent pas nécessairement la position du Comité Laïcité République.]

"Citée par LFI comme la source pour accuser Israël de « génocide », la chercheuse italienne, spécialisée en droit international, est loin d’être une référence. Elle doit surtout son poste à des réseaux douteux et à son obsession de l’État hébreu.

Par Yann Barte

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Les antisionistes radicaux ne jurent que par elle et son rapport, « Anatomie d’un génocide ». Le sigle de l’ONU, dont elle se prévaut, impressionne. Mais, malgré son assurance, ses 47 ans, l’Italienne Francesca Albanese avec ses larges lunettes noires n’est ni une experte en crimes contre l’humanité, ni juge à la Cour internationale de justice. Polyglotte et francophone, elle a bien fait des études de droit, mais ce sont ses engagements propalestiniens qui lui valent ce poste de « rapporteuse spéciale » au sein du Conseil des droits de l’homme. Une instance qui, comme au Conseil de sécurité, réunit les pays les plus autoritaires comme les plus démocratiques. Les tyrannies y siègent même en force, se renvoyant l’ascenseur. Dans ce Conseil, il n’est pas rare que la Russie, la Chine et les pays de l’Organisation de la coopération islamique (qui regroupae 57 pays musulmans) se serrent les coudes et votent comme un seul homme pour placer l’Iran à la tête de la commission sur la condition des femmes ou nommer un rapporteur « thématique » qui les arrange.

Or c’est ici, grâce à ses connexions, que Francesca Albanese devient « rapporteuse spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens » le 1er mai 2022. Pour le plus grand bonheur des pays musulmans, à peu près égal à l’inquiétude d’autres pays. Car, avant cette nomination, l’Italienne s’était déjà fait remarquer pour ses comparaisons nazifiant Israël (en rapprochant par exemple la photo d’un soldat SS de celle d’un soldat israélien), ou avoir décrit les États-Unis comme étant « subjugués par le lobby juif ». Des propos qu’elle a fini par regretter, mais qui traduisent parfaitement sa pensée.

Proche de BDS
Notre rapporteuse très spéciale n’aurait-elle pas omis un détail lors de sa candidature ? C’est ce que pointe un rapport de 2022 d’United Nations Watch, spécialisée dans la surveillance de l’ONU. À bien regarder ses déclarations à propos de ses « relations personnelles ou financières », l’Italienne n’a rien jugé utile de mentionner. Rien à signaler. Petit problème : son mari, Massimiliano Cali, a été conseiller économique auprès de l’Autorité palestinienne. Ce qui la place en possible « conflit d’intérêts ». Même quand il n’est pas consultant, l’homme partage avec sa femme une égale détestation d’Israël. Il relaie une campagne douteuse du musicien antisémite Roger Waters, une cagnotte illustrée par le dessinateur négationniste Carlos Latuff… et se réjouit du renoncement de la chanteuse Lana Del Rey à son concert en Israël, sous les pressions d’un mouvement proche du Hamas – Boycott, désinvestissement, sanctions (BDS) –, un groupe lié au Hamas – que Francesca Albanese soutient également.

Dès le 7 octobre, la rapporteuse a multiplié les sorties douteuses, semblant justifier l’horreur : « Les violences d’aujourd’hui doivent être replacées dans leur contexte. » Un relativisme qu’elle fredonne sans relâche sur Al-Jazira, en insistant sur ce « contexte de décennies d’oppression imposées aux Palestiniens ». Le 10 février, elle est allée plus loin, trop loin. En reprenant à la volée, d’un tweet cinglant, le président français qui venait de rendre hommage aux « suppliciés du 7 octobre » dans la cour des Invalides : « Le “plus grand massacre antisémite de notre siècle” ? Non, M. Emmanuel Macron. Les victimes du 7 octobre n’ont pas été tuées à cause de leur judaïsme, mais en réaction à l’oppression d’Israël. » Bien sûr, elle regrette que son message puisse être perçu « comme une justification aux crimes du Hamas », qu’elle dit avoir « fermement condamnés ». Mais de moins en moins d’observateurs sont dupes.

La main dans le pot de confiture
Un réseau mondial de plus de 4 000 avocats (International Legal Forum) demande sa démission. Israël, qui n’a jamais montré d’empressement à lui accorder un visa, l’a déclarée persona non grata… Une médaille pour les antisionistes. Mélenchon a retweeté sa réponse à Macron. Quant à son égérie d’origine palestinienne, Rima Hassan, elle la revendique partout où elle passe. Notamment à Sciences Po, où elles ont donné ensemble une conférence à l’invitation de Students for Justice in Palestine (liée aux Frères musulmans). Cités comme paroles d’évangile, notamment par l’AFP, son nom et son rapport servent à maintenir le mythe d’un « génocide à Gaza ». En réalité, à l’intérieur, la rapporteuse se montre bien plus prudente que son titre accrocheur, et s’y contente de soupçonner des « motifs raisonnables » pour retenir la qualification de génocide.

« Raisonnables » ? Le mot contraste avec son entourage. Le 11 mai dernier, à Tunis, Francesca Albanese partageait une tribune consacrée à la « résistance » palestinienne avec Rima Hassan, mais aussi Gilles Devers, l’« avocat français du Hamas » selon Le Monde. Sur l’affiche figurait également Jamil Mazhar, le numéro du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP). Lui qui a glorifié le massacre du 7 octobre comme « la plus grande épopée de cette époque ». En novembre 2022, la rapporteuse de l’ONU participait carrément à une conférence organisée par le « Conseil des relations internationales – Palestine », un organisme du Hamas. L’un de ses cadres, Ghazi Hamad, qui intervenait également, est celui qui a promis d’autres 7 octobre, « encore et encore »… Dont se sert Israël pour justifier sa riposte.

Comment Francesca Albanese peut-elle rester en poste ? Tout récemment, la rapporteuse s’est fait prendre la main dans le pot de confiture par un compte parodique autoproclamé « grand rabbin de Gaza » et « juif antisioniste ». L’homme derrière le compte a feint de l’inviter à intervenir sur la « moralité de l’Intifada » auprès des manifestants anti-israéliens de Columbia. Avant de comprendre la supercherie, la rapporteuse de l’ONU lui a demandé de verser les honoraires – qu’elle ne peut toucher dans le cadre de ses fonctions officielles – à un tiers « bénévole qui soutient son mandat et son travail ». On s’incline devant son sens de la polarisation, mais aussi, assurément, des affaires."


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