Hadrien Mathoux, directeur adjoint de la rédaction de "Marianne". 16 janvier 2026
[Les éléments de la Revue de presse sont sélectionnés à titre informatif et ne reflètent pas nécessairement la position du Comité Laïcité République.]

Lire "La régression racialiste de la France insoumise".
"Aly Diouara, député LFI de Seine-Saint-Denis et tête de liste aux municipales à La Courneuve, « préfère 5 points, 10 points, mais rester sur la conviction » et ne pas mettre « un Blanc dans [son] équipe » de campagne. Il pestait dès 2022 sur « tous ces Blancs qui décident où et comment vont vivre les gueux (noirs, arabes, indo-pakistanais & co). » Carlos Martens Bilongo, député LFI du Val-d’Oise, se livre à de curieuses comparaisons pour tancer les « racistes » : « On est plus intelligents, on est plus endurants et si on fait plus de gosses qu’eux, et bien tant pis pour eux. » Sébastien Delogu, autre député insoumis et candidat à la mairie de Marseille, vante lors d’un meeting en région parisienne une « opportunité en or qu’enfin un racisé dirige » Saint-Denis et Pierrefitte.
Danièle Obono, députée LFI de Paris, tance la Fête de l’Huma, cette « fête de la gauche blanche » dans laquelle elle ne s’est « jamais sentie chez [elle] ». François Piquemal, député LFI, candidat à Toulouse pour le mouvement, ne « veut pas de babtous (blancs) en tête de [sa] liste ». Et, bien sûr, Jean-Luc Mélenchon, ne cesse de répéter qu’il se considère comme un « Maghrébin européen », membre de « la première communauté de fait en France ».
Pas une semaine ne s’écoule sans que l’on constate une sortie aux relents racialistes d’un élu de la France insoumise. Il faut remonter au Front national des années 1980 pour trouver trace d’un parti politique aussi obsédé par la couleur de peau ou l’ethnie. La gauche radicale est devenue, en l’espace d’une dizaine d’années, la famille politique qui parle le plus de « race » dans l’intégralité du paysage politique français.
Beaucoup pointent, avec raison, l’influence du mouvement décolonial, dans le sillage des Indigènes de la République apparus en 2005 en France. « En France, on est éduqués pour ne pas tenir compte de la race », regrette Rokhaya Diallo, une égérie de cette école de pensée, qui n’y voit pas un progrès mais un aveuglement face aux discriminations. Mais les noces déplorables d’une certaine gauche avec le racialisme viennent de plus loin, probablement des années 1980 et de la promotion de l’idéologie diversitaire, via notamment SOS Racisme. Comme l’écrivait Paul Yonnet dans son magistral Voyage au centre du malaise français, « en promouvant de fait les identités ethniques dont le slogan "Black, blanc, beur" était l’expression, SOS Racisme introduisait le principe racial et le communautarisme ethnique qu’il prétendait combattre. »
Nul ne prétend que les discriminations raciales n’existent pas dans la République française. Mais l’horizon universaliste d’un monde où l’on cesse de considérer les individus en fonction de leurs origines reste une boussole. Face à l’idéal du « droit à l’indifférence », l’exaltation racialiste et quotidienne des différences proposée par LFI apparaît comme une désolante régression morale."
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