Communiqué du Comité Laïcité République

Soutien à Barbara Butch, agressée et empêchée de se produire (CLR, 31 juil. 26)

9 août 2026

L’antisémitisme "résiduel" [1] fait une nouvelle victime : l’artiste Barbara Butch agressée et empêchée de se produire.

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Onze jours après l’interruption de son concert à Grenoble le 18 juillet, Barbara Butch voit ses prestations artistiques annulées les unes après les autres, signant ainsi les reculs de la République.

Cette artiste, femme, juive et lesbienne, a été chassée d’une scène publique sous les jets de bouteilles et de projectiles par 150 à 200 militants mobilisés à l’appel de la section iséroise de La France insoumise. Le parquet de Grenoble a ouvert une enquête pour « délit d’entrave concertée aux libertés ». L’artiste a déposé plainte contre LFI et contre Alain Soral pour provocation publique à la haine et à la violence, entrave à la liberté de création et violences aggravées.

Le Comité Laïcité République soutient cette saine réaction face aux atteintes inacceptables à la liberté d’expression et à la manifestation insupportable de ces menées antisémites.

Plus grave : par peur ou par couardise, des organisateurs de festivals modifient, depuis, leur programmation, cédant ainsi aux menaces de terroristes de la pensée.

Déprogrammer, c’est achever le travail que les projectiles ont commencé.

Le CLR rappelle un principe non négociable de la démocratie : on ne fait pas taire une artiste. Ni par la foule, ni par la peur, ni par la menace. La liberté de création n’est pas une opinion, c’est un droit protégé par la loi. Personne n’a le pouvoir de décider, à la place du public, qui a le droit de monter sur scène.

Que l’on partage ou non les positions publiques de Barbara Butch est ici sans objet. Elle a été ciblée parce qu’elle est juive, parce qu’elle a signé une tribune contre les nouvelles formes d’antisémitisme, et parce qu’elle l’assume.

Céder à sa mise à l’écart, c’est valider l’idée qu’une artiste puisse être écartée pour ce qu’elle est.

La République ne doit pas s’y résoudre.

Le CLR appelle :

• les salles, festivals et lieux culturels qui ont déprogrammé Barbara Butch à revenir sur leur décision ;

• les acteurs culturels et les pouvoirs publics à soutenir publiquement les collectivités et festivals qui tiennent bon en maintenant la programmation de Barbara Butch ;

• l’État et les collectivités à garantir concrètement la sécurité des artistes visés par des campagnes d’intimidation, quelle qu’en soit l’origine, plutôt que de laisser les organisateurs porter seuls le prix de la liberté de programmation.

Le Comité Laïcité République apporte tout son soutien à Barbara Butch. Vous n’êtes pas seule. La scène est à vous, et la République avec vous.

Nous serons aux côtés de tous ceux qui auront le courage de vous y accueillir.

Comité Laïcité République,
le 31 juillet 2026.


Voir aussi dans la Revue de presse "L’inquiétant boycott des artistes juifs" (Le Nouvel Obs, 30 juil. 26), le dossier Barbara Butch, dans Antisémitisme (note de la rédaction CLR).


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