(CLR, 1er avril 25). 1er avril 2025
La République a besoin d’enseignants convaincus de la dimension émancipatrice de leur enseignement. Il faut des professeurs expérimentés, des professionnels assurés, des équipes stables. Ce métier doit être revalorisé sur le plan financier mais aussi symbolique.
Mais pour cela, il faut une volonté politique et un désir de la société pour redonner tout son sens à l’École et à l’émancipation par l’acquisition des savoirs.
Rappelons notre attachement à un recrutement national et à une affectation des enseignants par le ministère et les services académiques.
Seul le maintien des concours et d’un recrutement national, associé à une formation initiale et continue définie permettra de renforcer la professionnalisation des enseignants qui ne doit plus être aux mains des seuls experts des sciences de l’éducation.
Quoi qu’en pense M. Franck Ramus [1] et le groupe formation et ressources, qu’il coordonne au sein du Conseil scientifique de l’Education nationale, s’il est nécessaire de mettre en évidence les conditions les plus propices aux apprentissages scolaires, c’est pourtant bien la maîtrise des compétences disciplinaires qui doit primer dans le référentiel de formation.
Cela doit permettre que tout professeur soit en capacité de maîtriser les savoirs à enseigner, condition de son autorité auprès des élèves, dans tout établissement du territoire de la République.
L’urgence est donc de reconstruire la formation des maîtres dont le recrutement connaît une crise sans précédent. Cette formation doit être d’un haut niveau universitaire, en harmonie avec les inspections générales disciplinaires qui rappellent les contraintes et les responsabilités pédagogiques.
Cela n’implique pas un recrutement à Bac+5 qui est une des explications de la fuite de nombreux candidats potentiels.
Pourquoi ne pas recruter plus tôt et organiser la formation dans des Écoles normales supérieures à l’échelle régionale, sous l’autorité des universités et sur un cahier des charges bien défini ?
Nous souhaitons donc la mise en place urgente du projet de formation des maîtres, proposé en avril 2024 que nous avons soutenu mais qui, malheureusement, pour l’instant, n’est resté qu’à l’état d’intention. Nous sommes donc particulièrement satisfaits que le Premier ministre et la ministre de l’Education aient repris le projet dans sa forme initiale.
Concours de recrutement des professeurs du premier et du second degré placés en fin de 3e année de licence.
Cela vise à surmonter la crise du recrutement. En effet un recrutement plus tardif empêche nombre d’étudiants de se tourner vers l’enseignement.
Une licence préparatoire au professorat des écoles (LPPE), plus professionnalisante que l’actuelle sera créée. Ils seront dispensés du concours écrit au contraire de ceux qui auraient suivis une licence disciplinaire.
Les futurs enseignants du secondaire continueront à se former dans des licences disciplinaires.
Les Instituts nationaux supérieurs du professorat et de l’éducation (INSPE) seront transformés en Ecoles normales supérieures du professorat.
Les lauréats des concours prépareront un nouveau mastere et seront rémunérés pendant les deux années de sa préparation. En master 1, les étudiants auraient un statut de stagiaire alternant, et, en master 2, une présence en classe à mi-temps en responsabilité. Bien entendu les masters devront être validés, puis la titularisation vaudra un engagement envers l’Etat pour 4 ans.
Bien entendu nous serons vigilants sur le cahier des charges de la formation, et en particulier la place donnée aux principes de la République et à la laïcité.
Renouant avec la tradition républicaine, nous prônons l’instauration d’un module de 50 heures comportant une histoire de l’Ecole républicaine d’une part et d’autre part une introduction juridique aux principes républicains.
Charles Coutel et Philippe Guittet,
pour la commission École du Comité Laïcité République
[1] Frank Ramus, chercheur en sciences cognitives et directeur de recherche au CNRS.
A publié dans L’Express du 12 mars 2025 "Les pistes pour mieux former les enseignants".
Voir aussi dans la Revue de presse le dossier Elèves enseignants dans Ecole,
dans les Editos le dossier Commission Ecole et République du CLR (note de la rédaction CLR).
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