par Thierry Martin 21 janvier 2025
[Les tribunes libres sont sélectionnées à titre informatif et ne reflètent pas nécessairement la position du Comité Laïcité République.]
Pourquoi les pubs, où le bonheur, comme le chantait Charles Trenet, semblait pour nous s’être réfugié, sont-elles de plus en plus politisées, mettant à mal la neutralité axiologique de l’économie de marché libérale, au risque de faire fuir une grande partie de la clientèle ? Moi aussi « J’aime la pub », comme le chantait, il y a plus de trente ans, le fou chantant, mais pas les injonctions morales néo-puritaines, inclusives et rabat-joies des pubs « wokistes ».

La publicité reflète désormais la politique interne des entreprises, mais surtout la segmentation des clients en fonction des mêmes nouveaux a priori idéologiques. C’est la marge qui tient la page disait Jean-Luc Godard, nous y sommes. À l’ère des politiques de l’identité victimaire, plus question de pardonner nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés.
Air France, Disney, France Télévision ont été particulièrement repérés par L’Observatoire du wokisme qui vient de publier un audit concernant une centaine de grandes entreprises. Le Groupe TF1 n’est pas en reste, sous couvert de « vertus humanistes », il aurait signé la charte d’une association militante déclarant chercher « à favoriser la visibilité des personnes LGBTQIA+ ».
Ben & Jerry’s, connu pour avoir pris position pour le mariage homosexuel, contre le réchauffement climatique – un comble pour un glacier –, soutenu Kamala Harris, vient de porter plainte contre Unilever, sa maison mère, qui a enfin mis le holà, en lui interdisant de soutenir les manifestations pro-Gaza sur les campus, en fait pro-Hamas – inimaginable à la suite du pogrom du 7 octobre. Ledit glacier ne craint pas les injonctions contradictoires.
La marque Barilla de son côté propose dans un spot une nouvelle recette de spaghetti carbonara "inclusive" sans porc afin de ne plus déplaire à ceux qui jugeaient la recette d’après-guerre italienne « illicite » c’est-à-dire haram le contraire de halal « licite », faut pas charrier avec la charia. Heureusement, ça ne nous oblige pas pour l’instant. En revanche, on fait des Salammbôs, pâtisserie nommée ainsi par la maison Boissier à Rouen en l’honneur du succès du roman de Flaubert. Délicieux petit-four composé d’une coque en pâte à choux au beurre, fourrée d’une crème pâtissière au kirsch, nappée d’un glaçage vert saupoudré de paillettes de chocolat à une extrémité, mais sans kirsch. Il faut bien que tout le monde puisse en manger, m’a répondu le commis pâtissier. Halal pour tous, comme pour l’équipe de France de football sous Domenech.
La RSI cheval de Troie de la politisation des entreprises
Les publicités commerciales et les communiqués des pouvoirs publics sont de plus en plus porteurs de messages à caractère politique, social ou sociétal, notamment ceux découlant des politiques wokistes de l’identité victimaire, de l’immigrationisme ou du discours écologique anxiogène au service de la globalisation.
Le globalisme (désolé mais, je dois le répéter à chaque fois, je ne compte plus les fois où un correcteur a remplacé globalisme par mondialisme), le globalisme donc étant une volonté de pouvoir coercitif planétaire, dont l’UE n’est que le laboratoire, qu’il ne faut pas confondre avec la mondialisation naturelle, la nécessaire liberté du commerce entre nations libres, bref le commerce international qui remonte au moins à la route de la soie.
La responsabilité sociétale des entreprises (RSE, norme ISO 26000, en anglais CSR corporate social responsibility) qui désigne la prise en compte par les entreprises des enjeux environnementaux, sociaux, économiques et éthiques dans leurs activités, met en musique un discours structuré par l’EDI, en anglais DEI diversity, equity & inclusion, nouvelles tables de la loi, nouvelles références incontournables.
Le pire est qu’au départ, on se dit qu’un peu de greenwashing par exemple, ne mange pas de pain, bio ou pas, mais le problème est qu’on finit par y croire, et se dire ensuite : je crois, donc je sais.
Ainsi, Rainer Zitelmann1 pense qu’il est probable que les dirigeants se sont d’abord adaptés à l’extérieur, mais les gens subissent un stress psychologique lorsque ce qu’ils disent n’est pas conforme à ce qu’ils pensent – on parle de « dissonance cognitive ». Ils adoptent d’abord des slogans gauchistes par opportunisme et par commodité, puis ils adaptent leur pensée à leur discours.
La RSE est à l’origine de la création de services au sein des entreprises noyautées par la cooptation des activistes, mais aussi par les gestionnaires de fonds et les dirigeants d’entreprise pour faire passer certaines idées de « durabilité », de « diversité », etc. Les services qui ont été créés dans la plupart des entreprises s’approprient une part de plus en plus importante de la valeur ajoutée. La RSE a rendu les entreprises, pour qui le P&L actait chaque année le bilan, immunodéficitaire.
J’ai moi-même quitté le monde universitaire pour rejoindre celui, à l’époque plus sain, de l’entreprise, croyant échapper à une idéologie qui sous la forme du wokisme l’a désormais rattrapé. À l’ère des politiques de l’identité victimaire, plus question de pardonner nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. Le statut de victime étant néanmoins conditionné par la nature blanche (y compris juive ou chinoise), chrétienne, masculine et hétérosexuelle du « bourreau ».
La RSE ouvre des portes pour obliger les entreprises à étendre son ingénierie sociale à la société, et dans le même temps, a permis à l’idéologie wokiste de pénétrer l’entreprise. Un wokisme d’atmosphère a envahi la plupart des grandes entreprises et empoisonne la vie des salariés qui ne sont plus jugés sur leurs seules compétences, motivation et fiabilité, mais sur les critères de l’EDI. Ce double mouvement à l’œuvre détruit peu à peu les possibilités du capitalisme libéral et obère la prospérité naturelle du marché. D’autant plus que les actionnaires eux-mêmes et certains milliardaires tels que les Marc Benioff, membre du Forum économique mondial, créé par Klaus Schwab, communément appelé Forum de Davos, les Soros ou les Tom Steyer profèrent des déclarations anticapitalistes du type augmentation des taxes. Bloomberg, Warren Buffett et Bill Gates s’expriment sur des politiques publiques spécifiques comme l’idée d’impôts progressifs ou d’une réglementation permettant la régulation de l’économie.
Aux États-Unis, les « activistes » qui dénoncent la liberté d’expression dans les universités, oui, vous avez bien lu, ont depuis longtemps fait leur entrée dans le secteur financier. Stephen R. Soukup montre dans son livre2 que lors des assemblées générales des entreprises, l’activisme politique vient presque toujours de la gauche – le nombre de ceux qui s’y opposent activement se compte sur les doigts d’une main.
Au point que même un Warren Buffet évoqué plus haut a déclaré dans le Times : « Les entreprises ont eu tort d’imposer à la société leur façon de faire le bien. Qu’est-ce qui leur a permis de penser qu’elles savaient mieux que les autres ? »
« Il s’agit de l’argent des actionnaires. De nombreux dirigeants d’entreprise déplorent l’affectation par le gouvernement de l’argent du contribuable, mais approuvent avec enthousiasme leur propre affectation de l’argent des actionnaires ».
Rainer Zitelmann nous dit : « L’année dernière, j’étais à Miami pour assister à une conférence de Students for Liberty. Le PDG, Wolff von Laer, a interviewé John Mackey, fondateur de Whole Foods, l’un des entrepreneurs les plus intelligents et les plus courageux des États-Unis. Von Laer a loué Mackey pour son engagement public clair en faveur du capitalisme – il a même écrit un livre défendant le capitalisme. Cependant, Mackey a expliqué qu’à l’époque ses déclarations politiques avaient abouti à des appels massifs au boycott et avaient exposé son entreprise à un grave danger. Il a ajouté qu’il ne recommencerait pas. »
Des milliardaires comme Jeff Bezos (Amazon) et Tim Cook (Apple) ont fait don de plusieurs millions à des « organisations de justice sociale » comme Black Lives Matter. Il s’agit d’un véritable potlatch au sens de l’anthropologue Marcel Mauss, mais ici un potlatch de la valeur ajoutée. De nombreux managers et entrepreneurs espèrent « s’en sortir » ou être épargnés par les campagnes « activistes » de gauche en donnant des millions à des organisations de gauche, en critiquant publiquement le capitalisme ou en se prononçant en faveur d’une augmentation des impôts sur les riches. Résultat, ils finissent par se croire eux-mêmes.
Le retour de l’Etat père-sévère honni des libertaires à la faveur de la coercition écologique
Fini les belles voitures, toujours associées à de belles filles qui faisaient rêver hommes comme femmes. Les hôtesses sexy du salon de l’auto qui rappelaient à notre inconscient que les belles caisses plaisaient aux hommes et attiraient les femmes. Aujourd’hui, on voit une voiture hybride, tandis que la porte automatique du garage s’ouvre pour laisser passer son propriétaire à vélo, parce que, précise le slogan, il vaut mieux ne pas l’utiliser trop souvent, avec modération, comme la bière, le vin, le cognac ou les cigares cubains.
La loi qui l’oblige à promouvoir la marche et le vélo est prise au pied de la lettre par Renault, qui renonce à faire rouler sa dernière hybride dans sa publicité.
Si ce jeune trentenaire pourtant visiblement très pressé préfère pédaler, c’est parce qu’il a fait le choix réfléchi de “privilégier le vélo”, pour reprendre l’une des mentions légales prévue par la loi d’orientation des mobilités. D’ailleurs, quand les deux jeunes femmes mises en scène dans le même film se précipitent vers leur Renault Captur, ce n’est pas pour voyager à l’abri de la pluie, mais simplement pour... se saisir d’un parapluie.
Conséquences de deux décrets entrés en application le 1er mars 2022, tous les supports de publicités sont visés, télé, cinéma, radio, mais aussi presse écrite et campagnes d’affichages. Une mesure qui vise sans distinction les publicités pour les voitures thermiques comme électriques, mais qui ne concerne pas encore les autres engins motorisés (scooter, moto ou quadricycle).
L’un de ces 3 messages obligatoires à chacune des publicités :
« Pour les trajets courts, privilégiez la marche ou le vélo »
« Pensez à covoiturer »
« Au quotidien, prenez les transports en commun. »
Le message doit s’afficher en toutes lettres pendant plusieurs secondes de manière à pouvoir être lu, il ne peut pas s’intégrer dans le bandeau déroulant diffusant déjà d’autres informations légales.
Sinon sanction ! Jusqu’à 50 000 € par diffusion, puis 100 000 € en cas de nouveau manquement à l’obligation. Les adeptes des transports doux prônent les méthodes dures. Avez-vous vu la terrifiante petite fille du café Senseo qui lève les pouces approbateurs ? Ou le petit métis de la famille Crédit Mutuel qui apprend à reconnaitre les images, mais crie « passoire » en voyant le dessin d’une maison comme celle de son supposé grand-père, en référence au fameux concept de « passoire thermique » qui permet d’interdire à la location près d’un tiers du parc locatif. Quel type de régime a utilisé sans vergogne les enfants pour contrôler les parents ? Oups ! Le point Godwin est atteint.
Pour les constructeurs automobiles, c’est une réglementation supplémentaire, parmi une liste déjà très longue d’interdictions en tout genre, auxquelles ils sont tenus de s’adapter pour réaliser les publicités comme les véhicules.
L’objectif de ces nouvelles mentions est donc bien de répondre aux demandes récurrentes des minorités écologistes contre les SUV, et contre la promotion de l’automobile au sens large, y compris celle à motorisation électrique. Ce qui déplaît chez l’automobiliste, c’est avant tout la liberté du cow-boy sur son cheval, symbole occidental par excellence.
À l’origine de ces décrets, on retrouve les propositions faites lors de la Convention "citoyenne" pour le climat, réponse perverse du gouvernement au mouvement des Gilets aunes initialement spontanément libéral. La demande initiale, se consolent certains, visait à complètement interdire toutes les publicités pour des véhicules motorisés. Ce qui aurait porté un coup à l’industrie automobile, et par ricochet à toutes les entreprises vivant de revenus publicitaires, l’industrie automobile étant l’un des plus gros annonceurs de France.*
Ces messages ne satisferont probablement aucun des groupes impliqués : tout juste viendront-ils s’ajouter à l’ensemble des mentions obligatoires qui rythment notre quotidien depuis plusieurs années.
Ce n’est pas sans rappeler l’accord PS-Verts sur la fermeture d’une partie du parc nucléaire français au nom du climat, repris un temps par Macron qui ferma Fessenheim avant de se raviser au nom du réalisme, même si certains à gauche disent qu’ils y reviendront.
Quoi qu’il en soit, les constructeurs automobiles allemands se sont révoltés en disant qu’ils ne renonceraient pas à la voiture thermique en 2035 comme ils en avaient l’injonction. Carlos Tabares hostile à l’origine, qui a finalement suivi le mouvement à contrecœur vient d’être limogé, Stelantis est au plus mal. Une petite musique monte. Il faut renoncer au suicide de l’industrie automobile.
Désolé, chers progressistes, tout n’est pas perdu fors l’honneur.
Les progressistes aiment les conservateurs qui baissent les bras. Quand le conservateur abdique d’un « c’est foutu », le wokiste exulte, mais pas seulement, certains conservateurs se complaisent dans les causes perdues – en revanche, retrouvez l’espoir de faire triompher le conservatisme et vous serez très seul. Le progressiste optimiste et le réac pessimiste forment un couple infernal, voilà pourquoi la gauche adore Michel Houellebecq.
"Même un bonbon peut être polarisant", le groupe M&M’s se voit contraint de renoncer aux nouveaux personnages animés emblématiques des thèses wokistes qui ponctuent ses pubs. Souvenons-nous que les premiers personnages M&M’s, rouge et jaune, créés en 1971, ont toujours fait dans l’humour bon enfant.
Une nouvelle polémique a émergé avec la commercialisation d’un paquet spécial en édition limitée qui ne contenait que les trois couleurs des personnages féminins, vert, marron et violet. Ce paquet indiquait "supporter les femmes qui retournent le statu quo". Pour chacun de ces paquets achetés, le confiseur promettait de reverser 1 dollar à deux ONG qui soutiennent le rôle des femmes dans les industries créatives.
La polémique a débuté avec le lancement d’un nouveau membre de cette famille des "spokescandies" (bonbons porte-parole), baptisé "Purple", violet. Il s’agit du troisième personnage féminin à voir le jour après Green (vert) et Brown (marron) créés, selon M&M’s, "pour représenter l’acceptation et l’inclusion". Le violet symbolise notamment le soutien à la communauté LGBTQIA+ et l’expression de l’homosexualité.
Mais cette nouvelle égérie a suscité de vives critiques de la part des internautes, qui ont reproché à Mars Wrigley, la maison mère de M&M’s, d’avoir politisé les bonbons chocolatés. Selon eux, les personnages M&M’s étaient devenus "wokes". Le présentateur conservateur Tucker Carlson dit avoir appelé un chat un chat en appelant "Purple" une dragée "lesbienne et obèse". L’animateur de Fox News avait déjà reproché à M&M’s d’avoir remplacé les bottes blanches de Green par des baskets, ce qui la rendait "moins sexy".
Au grand dam de la gauche américaine, la marque a communiqué : "Même un bonbon peut être polarisant. Et c’est bien la dernière chose que veut M&M’s, puisque nous souhaitons unir les gens ensemble. C’est pourquoi nous avons décidé de mettre en pause ces mascottes. À la place, nous avons le plaisir d’introniser une nouvelle porte-parole de la marque : l’humoriste bien-aimée Maya Rudolph". La marque fait donc marche-arrière, face aux accusations de "politisation".
Votre serviteur, qui est un conservateur optimiste, peut-être parce que conservateur libéral, ne peut que s’en réjouir. Les entreprises ne devraient-elles pas se contenter d’offrir des produits ou des services, de les vendre grâce à la séduction de la publicité, voire d’en faire des marqueurs de classe, en nous épargnant les discours culpabilisants ? Libre aux consommateurs de les acheter en fonction du prix et du degré d’innovation, du service attendu, de l’usage souhaité et de l’envie qu’ils en ont.
Après M&M’s, Budweiser (la bière Bud), Jack Daniel’s, Harley Davidson, Caterpillar, et même Ford si gay-friendly, c’est Walmart, le géant américain de la grande distribution, qui a annoncé mettre fin à ses politiques d’équité, de diversité et d’inclusion (EDI). Comme quoi tout n’est pas perdu, loin de là.
La nouvelle ère Trump associée à Elon Musk qui vient, va amplifier ce mouvement de roll back – terme qui autrefois désignait le refoulement du communisme soviétique sous Reagan –, Mark Zuckerberg patron de Meta (Facebook, Instagram) a donné un signe d’allégeance en rejoignant cette bataille pour la liberté contre la régulation de l’UE, décidément vieille Europe. La France suivra-t-elle ? Son ADN lors des guerres contre l’Allemagne a toujours été du bon côté, celui de la liberté.
Alors, on peut y croire encore. La pub pourrait réunifier ses clients autour de l’entreprise, de la marque, du produit, avec ce petit supplément d’âme qui nous rendait comme Salvador Dali « fou du chocolat Lanvin. »
Dior a magnifiquement récupéré le cri de Janis Joplin : “So come on, come on, come on, come on, come on / And cry, cry baby, cry baby, cry baby”, pour Miss Dior. Que répondre aux yeux de biche, au sourire éclatant, à la grâce naturelle de la sublime Nathalie Portman qui vous demande : Et vous, que feriez-vous par amour ?
Campagnes de pub qui à travers la beauté ou l’humour cherchent à donner envie, à la différence des pubs wokistes qui au nom d’une morale néo-puritaine nous enjoignent d’adopter tel comportement, de vivre comme ceci ou comme cela, au contraire de la nécessaire neutralité axiologique. L’esthétique publicitaire sensuelle, mariage de l’artiste et de l’industriel, symbolise ce capitalisme de la séduction propre à la civilisation occidentale d’autant plus forte que son marché s’organisera spontanément.
"J’aime la pub / Son look, sa cadence / Si j’titube / C’est parce que je danse
Dans ce monde privilégié / La pub où l’bonheur pour nous s’est réfugié."
Thierry Martin,
auteur notamment de
Célébrités, Les causes des people, Ce que des personnalités nous disent de l’époque, chroniques, Collection Témoignage,
Pourquoi il faut prendre aux pauvres pour donner aux riches, aphorismes Collection L’Esprit hussard,
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