Revue de presse

“Taslima Nasreen bientôt logée par la Mairie de Paris” (Le Figaro, 2 jan. 09)

5 janvier 2009

"Contrainte à l’errance depuis des années, elle va poser ses valises dans la capitale le 1er février.

Paris va enfin mettre un terme à l’errance de Taslima Nasreen, cet écrivaine au parcours jalonné d’honneurs qui se retrouve aujourd’hui à la rue. Sous le coup de plusieurs fatwas, cette féministe qui se bat contre l’oppression des minorités non islamiques dans les sociétés islamiques comme le Bangladesh, son pays d’origine, vient de faire appel au maire de Paris pour trouver un logement.

Dans une situation précaire, sans revenus, Taslima Nasreen a demandé à Bertrand Delanoë de bénéficier de sa « protection » au titre de la « citoyenne d’honneur de la Ville » qu’elle est récemment devenue. « Paris est la ville qui s’occupe le mieux des artistes, des écrivains et des femmes. La France est l’un des pays où je me suis sentie le plus soutenue », a-t-elle déclaré il y a quelque temps.

Stockholm, Berlin, New York, Kolkata…les prises de position de cet ancien médecin en faveur de l’émancipation des femmes la contraignent aujourd’hui encore à un long exil, émaillé de menaces de mort. Persécutée comme « apostate » (hérétique) par un comité d’intégristes nommé « Détruisez Taslima », sa tête a même été mise à prix en Inde en 2007 pour 500 000 roupies, soit environ 7 400 euros. « J’écris. Je me bats pour la condition féminine, pas contre le Coran », explique-t-elle toujours [...].

Le 21 mai 2008, l’auteur de Lajja (La Honte) et de Vent en rafales avait reçu le prix Simone de Beauvoir des mains de Rama Yade, la secrétaire d’État aux Droits de l’homme. Une récompense destinée aux personnes dont le jury a estimé qu’elles se sont illustrées, par leur œuvre artistique et leur action, à promouvoir la liberté des femmes dans le monde.

En France, Taslima Nasreen a toujours bénéficié du soutien des intellectuels médiatiques, tout particulièrement en 1994, au lendemain de son expulsion du Bangladesh et de l’interdiction de son roman Lajja par le gouvernement. Bernard-Henri Lévy était alors le plus ardent de ses défenseurs. Une amitié qu’elle trouverait aujourd’hui trop discrète, pour quelqu’un qui, à l’époque, lui aurait « promis son aide »."

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