Revue de presse

"Présidentielle 2022 : Samuel Grzybowski, de l’interreligieux à l’union de la gauche" (la-croix.com , 8 mai 21)

10 mai 2021

[Les éléments de la revue de presse sont sélectionnés à titre informatif et ne reflètent pas nécessairement la position du Comité Laïcité République.]

"Après douze années comme porte-parole de l’association Coexister qu’il a fondée, Samuel Grzybowski tourne la page et rejoint « 2022 ou jamais », un collectif destiné à proposer un unique candidat de gauche pour la prochaine présidentielle, dans un an.

Par Youna Rivallain

C’était en 2009, en janvier. Lors d’une manifestation pour la paix organisée à la suite d’une opération d’Israël sur la bande de Gaza, Samuel Grzybowski, 16 ans, propose d’organiser un don du sang entre jeunes de différentes convictions, « pour que le sang coule pour la paix et non pour la guerre ». Quelques mois plus tard, onze jeunes de toutes les religions se rassemblent pour une opération « Ensemble Sang % », au cours de laquelle ils récoltent 300 poches de sang. Ce sont les débuts de l’association Coexister, qui, depuis 2009, œuvre pour la paix en s’appuyant sur la diversité des convictions religieuses.

Un Front Populaire écolo

Après douze ans de porte-parolat, Samuel Grzybowski, qui a désormais bientôt 29 ans, a annoncé quitter le mouvement Coexister qu’il a fondé ainsi que les deux filiales Conviviencia et l’Interfaith Tour, pour rejoindre la Primaire Populaire organisée par le collectif « 2022 ou Jamais », dont il est désormais le porte-parole.

L’initiative « 2022 ou jamais » découle du mouvement Rencontre des justices, collectif créé en 2020 qui fédère une vingtaine d’organisations de la société civile composées de jeunes activistes et entrepreneurs sociaux. Leur but : organiser des primaires entre le parti socialiste, les écologistes et la France insoumise pour faire émerger une candidature unique pour la gauche en vue de l’élection présidentielle de 2022. « Pour rassembler les socialistes, les écolos et les insoumis, il faudra bien user de la devise de Coexister : l’unité dans la diversité ! », plaisante-t-il au téléphone. Uniquement dédiée à l’organisation d’une primaire des gauches, « 2022 ou jamais » s’attelle à convaincre les différents partis de construire un « Front Populaire écolo ».

Pas de paix sans justice

Pour l’activiste, c’est une page de plus d’une décennie qui se tourne. « J’ai passé des années à travailler pour la paix sociale et civile en utilisant l’interconvictionnel comme levier, mais j’ai compris récemment qu’il n’y a pas de paix sans justice », confie Samuel Grzybowski à La Croix. Après le dialogue interreligieux, le jeune homme s’attelle désormais au dialogue entre les gauches : « J’ai longtemps cru que je resterai dans un plaidoyer neutre, transpartisan. Mais je ne peux plus accepter que la vie politique actuelle soit focalisée autour de l’ultra-capitalisme et du nationalisme identitaire. »

À travers ce nouvel engagement, Samuel Grzybowski dit travailler en continuité avec ses précédentes initiatives. « L’interconvictionnel est un levier comme beaucoup d’autres pour se rassembler sans se ressembler, pour tisser du lien dans une société repliée sur elle-même. » Ces derniers mois, l’entrepreneur dit avoir vécu plusieurs prises de conscience qui ont provoqué son engagement, notamment sur l’islamophobie et l’antisémitisme, ainsi que les violences policières. Avec les Rencontres de la Justice, il souhaite réconcilier « l’activisme et l’entreprenariat social ; la solidarité et l’écologie ». Mi-mars dernier, Samuel Grzybowski avait rencontré le pape, en compagnie notamment de Cyril Dion. François leur avait intimé de « faire la révolution ».

Élevé dans une famille catholique (son père, Laurent Grzybowski, est journaliste spécialiste des questions relatives à la solidarité à l’hebdomadaire La Vie et musicien chrétien), Samuel Grzybowski a affirmé sa foi à l’adolescence, au sein du Mouvement eucharistique des jeunes (Mej). Profondément chrétien, son éveil à la spiritualité l’a peu à peu conduit à s’intéresser aux autres confessions. « Ma “disciplitude” à moi, c’est ce travail constant pour retisser ce lien brisé, abîmé, gâché, entre les personnes qui ne confessent pas les mêmes choses », confiait-il à La Vie en 2018.

Fraternité radicale

Très impliqué au sein de Coexister depuis sa création, Samuel Grzybowski avait quitté la présidence de l’association en 2015, dans le but de développer Conviviencia Conseil, une entreprise sociale visant à « favoriser le lien social et l’inclusion dans le monde du travail entre les collaborateurs de toutes les convictions religieuses et philosophiques », comme l’explique son site Web. En 2018, le jeune militant et entrepreneur publiait son autobiographie Fraternité radicale. En partant du burn-out qu’il a vécu à l’âge de 24 ans, après huit ans à la présidence de Coexister, il y déroulait son parcours et celui de l’association.

Coexister compte désormais 3 000 membres, répartis en 45 groupes locaux. En 2015, Samuel Grzybowski avait laissé les rênes de la présidence de l’association en pleine croissance à Radia Bakkouch, qui achève son mandat en juin prochain. « Désormais, nous avons un siège au Conseil économique social et environnemental ; nous sommes au Conseil d’orientation des politiques de jeunesse, au Conseil d’Administration du service civique, se réjouit le militant. Radia a donné une vraie assise à Coexister. »"

Lire "Présidentielle 2022 : Samuel Grzybowski, de l’interreligieux à l’union de la gauche".


Voir aussi dans la Revue de presse les dossiers Coexister, Rencontres des jeunes des centres sociaux (Poitiers, oct. 20) (note du CLR).


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