Revue de presse

"Le Comité d’éthique opposé à l’euthanasie et au suicide assisté" (franceinfo.fr , 1er juil. 13)

3 juillet 2013

"Dans un avis rendu public ce lundi, la majorité des membres du Comité consultatif d’éthique souhaitent que le Parlement ne légalise pas l’assistance au suicide et l’euthanasie. Deux sujets sur lesquels cette instance n’est pas parvenue à un accord à l’unanimité.

Dans son avant-propos, Jean Claude Ameisen, le président du Comité consultatif d’éthique ne cache pas les désaccords sur ces douloureuses questions. Et il précise bien que la position adoptée ne l’a pas été à l’unanimité : "La majorité des membres du Comité expriment des réserves majeures et recommandent de ne pas modifier la loi actuelle, estimant qu’elle opère une distinction essentielle et utile entre "laisser mourir" et "faire mourir", même si cette distinction peut, dans certaines circonstances, apparaître floue. Ils considèrent que le maintien de l’interdiction faite aux médecins de "provoquer délibérément la mort" protège les personnes en fin de vie, et qu’il serait dangereux pour la société que des médecins puissent participer à "donner la mort"".

De la même façon, la majorité des membres n’ont pas jugé souhaitable la légalisation de l’assistance au suicide. Car ils ont estimé que "toute évolution vers une autorisation de l’aide active à mourir pourrait être vécue par des personnes vulnérables comme un risque de ne plus être accompagnées et traitées par la médecine si elles manifestaient le désir de poursuivre leur vie jusqu’à la fin".

Mais d’autres positions s’expriment après celle de la majorité comme par exemple celle de Michel Roux qui dénonce l’hypocrisie du "laisser mourir" autorisé par la législation actuelle : "On ne peut se contenter de faux-semblants : la privation de nourriture, pour ne considérer que ce seul cas, n’impose aucun geste particulier et elle ne révèle pas tout de suite ses effets. Elle parait donc facile à admettre. Mais elle tue. Et elle impose l’attente, ce que ne ferait pas un geste létal. Or cette attente peut être une détresse insupportable et qui n’en finit pas, pour un patient et pour ses proches, détresse dont les soignants se feront les témoins impuissants".

Si les membres du Comité d’éthique se sont divisés sur l’euthanasie et le suicide assisté, ils se sont en revanche entendus à l’unanimité pour demander que les "directives anticipées" de fin de vie des patients ne soient plus considérées comme des souhaits, mais comme des décisions "contraignantes pour les soignants sauf exception
dûment justifiée par écrit".

Enfin le Comité recommande le respect du droit d’une personne en fin de vie à être endormie jusqu’au décès si elle le demande. [...]"

Lire "Le Comité d’éthique opposé à l’euthanasie et au suicide assisté".


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